Yvan Reilhac, trois-quarts de l’US Montauban, s’apprête à faire son grand retour sur les pelouses du Top 14 ce samedi, lors de la 23ᵉ journée face à Montpellier. Après une saison marquée par des blessures récurrentes et une longue période d’absence, le joueur a retrouvé la forme et sera titulaire pour ce rendez-vous crucial.
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, Reilhac revient sur une saison particulièrement éprouvante. « Physiquement, tout allait bien. C’est assez rare de ne pas avoir ne serait-ce que quelques bobos donc j’étais content. Je retrouvais le Top 14 et j’avais vraiment envie de m’amuser », confie-t-il. Mais son enthousiasme a rapidement été freiné par une entorse de la cheville survenue en fin de match contre Lyon, puis aggravée par un diagnostic erroné. « Au départ, je n’ai pas eu le bon diagnostic et donc pas le bon protocole pour me soigner. Il n’était pas adapté, voire pas du tout adapté. […] Le problème, c’est qu’on avait perdu un peu de temps et qu’on n’avait pas aidé à la cicatrisation du ligament avec le premier protocole. D’ailleurs, j’ai toujours une gêne. »
Cette blessure initiale a entraîné un arrêt plus long que prévu, de trois mois au lieu des trois semaines annoncées. « C’étaient les montagnes russes », se souvient-il. Pour tenir le coup, Reilhac s’est appuyé sur le soutien de sa femme, ancienne sportive de haut niveau, et sur sa nouvelle passion : un master en data analyse qu’il a suivi intensivement.
A peine remis, une deuxième blessure au genou est venue compromettre son retour. « Au bout de cinq minutes, sur un plaquage, il y a un choc genou contre genou. Je sens un truc bizarre dans mon genou mais… Ça faisait trois mois que je n’avais pas joué donc je n’ai rien dit et j’ai continué. » Diagnostiqué avec des lésions aux ligaments latéral interne et postérieur, il a dû observer un nouveau repos de trois mois. « Ça a été encore plus dur parce que je m’étais vraiment bien préparé à mon retour et je voulais démarrer ma saison. (…) Ça a été très dur à encaisser la première semaine. »
Malgré ces épreuves, Reilhac a gardé une attitude positive et combative. « J’ai toujours eu un tempérament positif, je relativise énormément. J’ai vite basculé en me disant qu’il y avait plus grave dans la vie et que si je faisais bien les choses, je n’allais pas avoir de séquelles. » Il a aussi choisi d’aider ses coéquipiers, restant actif au sein de l’équipe et de l’association des joueurs. « Je ne voulais pas être dans mon coin alors j’ai essayé d’être utile. »
Reconnaissant que cette année a été la plus difficile de sa carrière, il avoue : « J’ai vécu des saisons sans jouer mais physiquement, j’allais bien. Le fait de me blesser comme ça et de ne pas être en capacité de jouer à ce moment-là de ma carrière, c’était dur. C’était peut-être la pire saison de ma vie. »
Aujourd’hui, l’espoir renaît pour Reilhac, déterminé à faire oublier cette période noire. « Je travaille énormément avec les kinés. Ce que je veux, c’est ne plus avoir de douleurs. Le repos de l’été fera sans doute beaucoup de bien. Pour le moment, en tout cas, je peux jouer et je veux performer. » Malgré une légère appréhension, il aborde son retour avec enthousiasme : « C’est une petite pression de jouer mon premier match titulaire depuis mon retour. Je ne sais pas si je vais tenir les 80 minutes (sourire). Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai hâte ! »
Et de conclure sur une note d’optimisme, heureux de rejouer à domicile : « J’ai passé une saison difficile et cette titularisation, c’est une petite victoire. Je ne voulais absolument pas louper ce match. Maintenant, j’espère vraiment bien terminer la saison physiquement et passer à la suivante en étant bien dans le corps et dans la tête. »







