Le pilier gauche Etienne Falgoux va quitter Clermont cet été, son contrat arrivant à échéance en juin prochain. À 33 ans, le joueur originaire d’Auvergne a été informé il y a plusieurs semaines qu’il ne serait pas conservé par le club, un coup dur pour un homme qui n’a connu que l’ASM durant toute sa carrière.
« Forcément ce n’est pas la situation la plus agréable à vivre. J’essaie de la prendre avec un peu de recul et de profiter du temps qu’il me reste à Clermont. Je ne veux pas me pourrir l’esprit. Pour la première fois de ma carrière, je saute dans l’inconnu mais j’espère que ça va se résoudre dans les semaines qui viennent. Je me suis blessé deux fois d’affilée à la cheville (en novembre puis en janvier), ça n’a pas aidé. Ce n’était pas le bon moment », confie-t-il dans les colonnes de L’Équipe.
Formé à Clermont et attaché à son club de toujours, Falgoux exprime tout son amour pour l’ASM : « J’y ai été formé, je viens d’un village à une heure d’ici. Je suis auvergnat. C’est plus qu’un club. C’est une partie de moi. J’y ai remporté des titres (le Top 14 en 2017 et le Challenge en 2019). Quand les dirigeants m’ont annoncé leur décision de ne pas me conserver fin octobre, je ne pouvais que m’y plier, la respecter et avancer. Mais je ne vous dis pas que c’était simple à entendre et à encaisser. »
Le joueur reconnaît ne pas avoir totalement digéré cette décision, même plusieurs mois après : « Je ne sais pas si je l’ai encore digérée. Ça viendra peut-être avec le temps. J’ai surtout essayé d’être performant et de basculer le plus sereinement sur la suite. Ça ne sert à rien d’être en colère. Je l’avais senti venir. Il y a deux ans, j’étais vice-capitaine puis petit à petit on m’a écarté du groupe des leaders. Je voyais que quelque chose était en train de changer. »
Pour garder le cap, il a dû apprendre à gérer ses émotions : « J’ai appris à gérer mes émotions et à ne pas tout ramener à la maison pour ne pas vivre dans un climat anxiogène en permanence. C’est important de parler d’autre chose et de ne pas rentrer dans une pression excessive en se répétant que ça n’avance pas. On sait que ça fait partie de notre métier. Parfois, on signe un contrat de deux ans et on doit bouger. J’ai eu la chance de faire toute ma carrière ici jusqu’à présent mais je n’ai jamais perdu d’esprit cette réalité et cette précarité. On est tous de passage dans la vie d’un club. »
Depuis l’annonce, le pilier a traversé des moments difficiles : « Ça a été compliqué et ça l’est toujours. Je me suis quasiment blessé deux-trois semaines après qu’on me l’a annoncé. J’ai pris un premier coup de marteau dans la tête puis un deuxième. J’ai dû m’accrocher. La saison a été un peu galère. Maintenant je veux partir la tête haute et rendre fiers mes proches. Je suis revanchard. J’ai aussi envie de transmettre ce patrimoine clermontois car ce n’est pas anodin de jouer à l’ASM. Ce n’est pas un club comme un autre. »
Côté avenir, aucune piste concrète ne se dessine encore pour Falgoux : « Oui mais rien de concret. S’il devrait davantage bouger la saison prochaine, après la Coupe du monde, le marché est assez tendu depuis plusieurs mois, notamment celui des gauchers. Beaucoup de clubs essaient de maximiser leurs dépenses sans faire de folie. On arrive à un plafond de verre du salary-cap. Moi, je prends mon mal en patience mais je reste positif. Je n’ai pas le choix de toute façon. (Rire) Avec mon agent, on s’appelle toutes les semaines. Ça me permet de me tenir informé, de connaître le marché et de lui donner mon ressenti. Je dois aussi lui donner des billes pour qu’il soit le plus armé face aux clubs. »
Malgré cette incertitude, il refuse de mettre un terme à sa carrière à seulement 33 ans : « Non, ce n’est pas du tout ma volonté. J’aimerais encore jouer deux ou trois ans. Que ce soit en Top 14, en Pro D2 ou à l’étranger. »
L’avenir d’Etienne Falgoux reste donc encore à écrire. Affaire à suivre…







