Montauban traverse une saison 2025-2026 catastrophique. Avec une seule victoire au compteur depuis le début du championnat, l’USM se dirige tout droit vers la relégation en Pro D2. Cet enchaînement de défaites pèse lourd dans les esprits.
Interrogé par L’Équipe, le manager Sébastien Tillous-Borde dresse un portrait sans fard de l’état mental de ses joueurs : « Ça a été une saison difficile, bien sûr, parce que la marche a souvent été trop haute pour nous, mais le groupe est resté solidaire. J’ai des mecs qui s’envoient toujours et qui ont envie de bien terminer leur saison, notamment parce que pas mal d’entre eux vont arrêter ou quitter le club. Depuis quelques semaines, je trouve qu’on s’entraîne mieux qu’avant en essayant de mettre beaucoup de joie dans ce qu’on fait au quotidien. Ce groupe-là aurait pu exploser mais il ne l’a pas fait. Il est resté connecté. Ce n’est pas à quatre journées de la fin qu’il va partir en vrille. »
Le manager admet aussi que le club n’était pas prêt à affronter l’élite du rugby français : « On savait qu’on n’allait pas tout gagner. Je connais très bien le niveau du Top 14, j’y ai joué et déjà entraîné. N’oubliez pas qu’un an avant le titre en Pro D2, ce même groupe avait failli connaître une relégation en Nationale. Il avait donc déjà gravi une grande marche en un an. Et là, il fallait qu’il en gravisse une autre encore plus grande. »
« Les mecs se sont investis, mais le club dans son ensemble n’était pas calibré pour évoluer dans l’élite. La montée a au moins eu le mérite de secouer tout le monde et d’améliorer nos structures. Si l’on excepte les résultats sportifs, on ne pourra retirer que du positif de cette saison. En Pro D2, on repartira avec des bases encore plus solides. »
Sébastien Tillous-Borde revient par ailleurs sur certains regrets, notamment les rencontres perdues de très peu au début de la saison : « Mes regrets, ils sont surtout sur ces matches qu’on a perdus de très peu en début de saison et qui auraient peut-être pu changer notre destin si on les avait gagnés. Après, il y avait peut-être dans notre effectif des joueurs qui n’avaient pas forcément envie de venir en Top 14. Pas parce que le Championnat n’est pas attrayant, mais parce que ça leur demandait beaucoup plus de concessions. »
« Quand tu fais 13 rencontres d’affilée en début de saison, matches amicaux compris, alors qu’en Pro D2 tu n’en fais que 5 ou 6 d’affilée avant de te reposer une semaine, ce n’est pas pareil. Ça demande une grosse dépense d’énergie, un quotidien bouleversé, des week-ends plus chargés. Quand tu rentres dans la machine à laver, tu n’en sors plus. Ce n’est pas donné à tout le monde de s’adapter à un tel changement. »
Malgré la dure réalité, Tillous-Borde refuse de sombrer : « Ça m’est arrivé de râler, oui, mais pas de me décourager. Je savais que ça allait être compliqué, donc j’étais prêt. Et puis, je suis celui qui doit insuffler une énergie, donc je n’ai pas le droit de lâcher. Au contraire, je dois être en pleine forme pour pousser les mecs et trouver les mots quand ça ne va pas. »







