Montauban, dernier au classement et condamné à la relégation, traverse une saison noire, n’ayant décroché aucun point depuis son succès contre l’USAP le 25 octobre dernier. Cette dégringolade souligne inéluctablement la descente de l’USM en Pro D2 à l’issue de la saison.
Malgré ce contexte difficile, le manager Sébastien Tillous-Borde fait preuve de résilience. Dans un entretien accordé à L’Équipe, il se confie sur son quotidien d’entraîneur confronté à la crise. « Il bosse, il travaille sur lui en se faisant aider par des personnes capables de lui transmettre l’énergie nécessaire. C’est mon cas, je l’ai toujours fait. Quand t’as la tête dans le guidon et que tu n’as pas de recul, c’est souvent difficile de garder la tête froide. Ta saison peut vite devenir un calvaire. C’est pour ça que c’est important d’être accompagné. Je suis quelqu’un qui médite, qui fais très attention à son développement personnel. On a aussi une « prépa » mentale qui s’occupe des joueurs, du moins de ceux qui en ont envie. Ça les aide à évacuer les moments pénibles. »
Revenant sur les difficultés rencontrées par Pierre Mignoni en cours de saison, Tillous-Borde nuance : « Ce n’est pas une nouveauté. Quand tu rentres dans ce métier-là, tu sais que ça va être chronophage et que tu vas prendre beaucoup de pression sur les épaules. À un moment donné, tu peux avoir besoin de te faire aider. C’est arrivé à Pierre mais c’est arrivé sûrement à d’autres aussi. Dans ce job, tu réfléchis tout le temps à être dans la performance, ça ne s’arrête jamais. T’as donc plutôt intérêt à savoir couper de temps en temps. »
Malgré la pression, le manager déplore un faible soutien de ses pairs : « Disons qu’on en reçoit moins que quand on joue la phase finale du Championnat, ça c’est sûr (rires) ! Après, quand t’es dans la machine à laver, c’est difficile de penser aux autres. Heureusement, nos supporters sont à fond derrière nous. Ils savaient qu’on vivrait une saison difficile, mais ils sont là et chantent de la 1re à la 80e minute. Ça donne du baume au cœur. »
Enfin, Tillous-Borde tient à souligner que l’équipe n’a jamais renoncé à son style de jeu offensif malgré les défaites. « On a su garder notre identité de jeu. À chaque fois, on essaie de produire. On marque de très beaux essais, on franchit, on voit qu’il y a un fond de jeu. Même des supporters d’équipes adverses nous disent qu’on joue bien. Après, il y a toujours un moment où on craque parce qu’on manque de maîtrise sur des détails qui n’en sont pas à ce niveau. Mais j’ai toujours demandé à mes joueurs d’y aller à fond, sans pression. La pire chose serait de voir les gars évoluer avec le frein à main. Je les engueule d’ailleurs quand ils n’osent pas. En fait, je les engueule plus quand ils ne font pas les choses que quand ils les font et commettent des erreurs. »
Une ultime déclaration qui illustre la volonté du club de rester fidèle à ses principes, même dans l’adversité.







