Le Stade Rochelais a peut-être trouvé sa prochaine grande révélation : Upaleto Feao. À seulement 20 ans, ce jeune pilier droit enchaîne déjà les titularisations dans un poste exigeant du rugby moderne, et ce, au sein d’un club aussi ambitieux que La Rochelle. Il porte en plus une lourde responsabilité : succéder progressivement à Uini Atonio, dont la carrière s’est brusquement arrêtée.
Originaire des Tonga et passé par Angers, Feao découvre le très haut niveau à une vitesse fulgurante. Depuis fin février, il est devenu un élément incontournable de la rotation rochelaise avec six matchs et six titularisations, dont plusieurs face à des équipes de haut de tableau.
Cette progression fulgurante commence à susciter beaucoup d’attention en interne. Ronan O’Gara, manager de La Rochelle, a récemment adressé un message très clair à son jeune pilier. S’il admire son potentiel, il souhaite désormais connaître ses ambitions réelles. « Maintenant, la question, c’est : est-ce qu’il a l’envie ou la volonté d’être l’un des meilleurs du monde, ou d’être content de jouer en Pro D2 ? » a-t-il confié à Midi Olympique. Puis, insistant sur les enjeux : « Est-ce qu’il est OK pour jouer à Angoulême ou intéressé par le fait de jouer pour l’équipe de France ? Réponse dans les six prochains mois. »
En interne, on reconnaît sans détour le talent brut de Feao. O’Gara évoque même une technique individuelle « exceptionnelle » ballon en main. Mais le manager préfère rester prudent, craignant de mettre une pression excessive sur le jeune pilier : « C’est hyper dangereux de dire ça parce que ça met une pression supplémentaire. » Il identifie aussi clairement les axes d’amélioration : « Le challenge pour lui, c’est nutrition, fitness, capacité d’enchaîner des matchs et mêlée. » Malgré ses qualités dans le jeu courant, Feao doit encore progresser dans l’aspect ultra-technique de la mêlée fermée.
Un élément clé de sa progression est sa proximité avec Uini Atonio. Le jeune joueur profite de l’expérience et des conseils de l’ancien pilier, figure majeure de la mêlée rochelaise. « Tolu Latu prend vraiment soin de lui, il a une très forte connexion avec Uini », souligne l’entourage du club. Ce lien est un atout précieux pour son avenir.
Chez ses anciens éducateurs à Angers, Feao a également marqué les esprits. Pierre-Henri Deauze, l’un de ses formateurs, décrit un joueur discret mais d’une exceptionnelle rigueur : « Le gros avantage d’Upa, c’est que c’est un gars qui ne fait pas trop de bruit et qui s’entraîne le plus. Il s’investit à 300 % sur les séances. » Et d’ajouter : « Il a toujours envie de progresser sans être compliqué à gérer. »
Le parcours de Feao est d’autant plus impressionnant qu’avant son arrivée à La Rochelle, il évoluait en numéro 8. Il a fait le choix difficile de se reconvertir en pilier droit, un poste totalement différent. « Ce n’était pas le choix facile au départ et ça montre une forme de détermination », rappelle O’Gara.
Aujourd’hui, malgré son jeune âge, Upaleto Feao tient déjà la comparaison face à certains des meilleurs piliers du Top 14. Son profil intrigue : mobile, puissant, agressif dans les contacts, il possède des qualités physiques rares pour un joueur de son âge à ce poste. Son ancien entraîneur résume bien la situation : « Des droitiers de son âge, avec son physique, qui n’ont pas fait toutes les classes en équipe de France, il n’y en a pas trop quand même. »
À La Rochelle, on reste encore prudent et aucune envolée lyrique n’est de mise. Mais une chose est sûre : le club maritime semble tenir entre ses mains un phénomène en devenir.







