L’affaire judiciaire autour de l’AS Béziers Hérault connaît un nouveau rebondissement. Ce mardi 12 mai, le tribunal de Béziers a rendu sa décision concernant les anciens coprésidents du club, Cédric Bistué et Pierre-Olivier Valaize, poursuivis pour fraude fiscale et abus de biens sociaux.
Les deux dirigeants ont été reconnus coupables. Cédric Bistué a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis, d’une amende de 15 000 euros et d’une obligation d’affichage de sa condamnation pendant deux mois. Pierre-Olivier Valaize, quant à lui, a été condamné à neuf mois de prison avec sursis et à une amende de 5 000 euros.
La SASP Béziers Rugby, elle aussi reconnue coupable de fraude fiscale, a été dispensée de peine. Toutefois, la société ainsi que les deux anciens dirigeants devront rembourser les sommes dues à l’administration fiscale en sus des sanctions prononcées. Une audience civile est déjà programmée le 14 septembre pour régler les derniers litiges financiers liés à cette affaire.
Ce dossier porte sur des faits survenus entre 2014 et 2018. C’est un bénévole qui avait alerté le service régional des finances publiques, entraînant une enquête révélant de nombreuses irrégularités dans la gestion du club : recettes dissimulées, fausses factures, décalages dans le paiement de la TVA. Près d’un million d’euros auraient ainsi été fraudés.
Le représentant du ministère public avait souligné la gravité des pratiques mises en place : « Les sommes dues sont très importantes et, au-delà de la passion affichée pour ce club, il faut respecter les règles de droit. » Avant d’ajouter : « Il y a lieu de s’interroger sur tout. »
Lors de l’audience en avril, les avocats de la défense avaient plaidé la « passion du club » pour justifier leurs clients. Me Frédéric Simon avait déclaré : « Tout ce qu’ils ont fait, c’est par passion pour ce club. Ils n’ont pas voulu être ceux qui ont coulé l’ASBH. Ils n’ont pas voulu être les liquidateurs de l’ASBH. » De son côté, Me Grégoire Mercier, avocat de la SASP, avait rappelé que la situation financière du club avait été assainie : « La mauvaise gestion du passé a été largement assumée par le club. Ces faits datent de huit ans. Cela n’a pas de sens de condamner encore. Aujourd’hui, la situation est saine et stable, mais fragile. Il faut arrêter. »
Pour l’instant, ni Cédric Bistué ni Pierre-Olivier Valaize n’ont commenté le verdict. Ils disposent désormais de dix jours pour faire appel.







