Il a failli tout quitter. Salesi Rayasi, ailier fidjien de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB), a un temps renoncé au rugby. “Son obsession, c’était le basket et la NBA.” Pourtant, plusieurs années plus tard, il s’apprête à disputer une finale européenne face au Leinster, s’affirmant comme l’une des armes les plus redoutables du rugby français.
Une ascension improbable
Né à Wellington, fils d’un ancien international fidjien et d’une mère samoane, Rayasi semblait prédestiné au rugby. Mais à l’adolescence, il s’en est éloigné, au point de vouloir tout arrêter. “Le futur joueur de l’UBB se passionne alors pour le basket et rêve carrément de NBA.” Pendant plusieurs mois, il s’entraîne intensivement dans cette voie, avant que sa famille ne le persuade de redonner une chance au ballon ovale, presque sans conviction. Cette décision allait bouleverser sa vie.
Une explosion tardive et atypique
Repéré avec les Samoa U20 puis avec les All Blacks à 7, Rayasi fait parler de lui en Nouvelle-Zélande grâce à ses caractéristiques physiques impressionnantes : 1m93, plus de 100 kilos, une vitesse fulgurante et des appuis dévastateurs. Avec les Hurricanes, il devient rapidement une attraction du Super Rugby. Il part ensuite tenter sa chance à Vannes, où beaucoup restent sceptiques quant à son potentiel.
Un pari gagnant pour Bordeaux
Lorsque l’UBB mise sur lui après la relégation de Vannes, certains y voient un risque. Mais “aujourd’hui, cela ressemble surtout à un énorme coup.” Ces derniers mois, Rayasi a franchi un cap. Repositionné parfois à l’arrière, il s’impose comme l’un des joueurs européens les plus explosifs. Ses triplés contre Northampton et Leicester en Champions Cup ont marqué les esprits.
Yannick Bru, l’entraîneur bordelais, ne cache plus son admiration : « C’est un superbe athlète. Il est capable d’exercer une domination dans les duels. » Il souligne aussi sa marge de progression étonnante, soulignant que Rayasi découvre encore certains aspects du poste d’arrière à très haut niveau.
Le nouveau phénomène girondin
À Bordeaux, Rayasi est bien plus qu’un simple finisseur. Son jeu debout, ses relances, son pied gauche et sa capacité à déjouer les défenses apportent une dimension nouvelle à l’attaque girondine. Entouré de talents comme Jalibert, Penaud, Lucu ou Bielle-Biarrey, il participe à rendre l’UBB parfois injouable.
Un joueur longtemps sous-estimé
Ce qui rend sa trajectoire encore plus étonnante, c’est qu’en Nouvelle-Zélande, il n’a jamais été considéré comme une future star mondiale. Même aux Hurricanes, il a dû batailler pour obtenir du temps de jeu. Aujourd’hui, c’est toute l’Europe qui découvre ce joueur atypique, au moment où Bordeaux rêve d’un deuxième sacre continental consécutif.







