L’ancien international sud-africain Patrick Lambie a mis un terme à sa carrière à seulement 28 ans, victime de multiples commotions cérébrales accumulées au fil des matchs. Son retrait prématuré avait déjà profondément marqué le monde du rugby, où les traumatismes crâniens sont désormais sources d’une inquiétude grandissante.
En 2023, une étude majeure publiée dans *Acta Neuropathologica* jette une lumière inquiétante sur cette problématique. Les chercheurs ont analysé les cerveaux de 31 anciens joueurs de rugby à XV. Les résultats sont alarmants : 21 d’entre eux, soit 68 %, présentaient des signes d’encéphalopathie traumatique chronique (CTE). Plus surprenant encore, 62 % des joueurs touchés n’avaient évolué qu’au niveau amateur.
Par ailleurs, l’étude souligne que le risque de développer cette pathologie augmente de 14 % à chaque année supplémentaire passée sur le terrain.
Depuis plusieurs années, le rugby tente de renforcer ses protocoles en matière de commotions cérébrales. Pourtant, nombreux sont les anciens joueurs, médecins et observateurs à dénoncer un sujet encore largement sous-estimé. Les témoignages se multiplient de professionnels souffrant de pertes de mémoire, de troubles cognitifs ou encore de dépressions. Le cas de Patrick Lambie demeure emblématique dans cette prise de conscience grandissante.
Le débat dépasse désormais le simple cadre sportif. De plus en plus d’acteurs réclament un changement profond de culture dans le rugby professionnel. *“Le bien-être des joueurs doit passer avant les victoires”*, martèlent-ils. Derrière les chocs spectaculaires et l’intensité du jeu, les conséquences à long terme deviennent impossibles à ignorer. Une idée s’impose désormais : aucune victoire ne devrait se faire au détriment de la santé des joueurs.







