Le Stade Toulousain traverse une période d’instabilité sportive à l’approche des phases finales de la saison. Après des performances à la fois convaincantes et décevantes, les Rouge et Noir doivent désormais lever les zones d’ombre pour retrouver leur régularité.
Dans un entretien accordé à La Dépêche, le troisième ligne Alexandre Roumat fait le point sur la reprise de l’entraînement, marquée par la chaleur et une pause bienvenue après une saison éprouvante. « Chaque année, je crois qu’à cette période, à plus ou moins quinze jours, on a toujours une semaine ou deux où il fait très chaud. Mais c’est vrai que le premier entraînement quand on reprend, ça fait toujours un peu bizarre (sourire). Surtout qu’on a coupé la semaine dernière, mais c’est toujours agréable, il vaut mieux ça qu’avoir de la pluie. »
Blessé récemment avec une petite entorse au pied, Roumat rappelle que cette coupure forcée a aussi été l’occasion pour l’ensemble du groupe de souffler un peu durant une saison jugée très longue.
Face à l’inconstance persistante, il analyse : « C’est vrai qu’on a eu un parcours en dents de scie, à l’extérieur comme à domicile. Je pense que sur les prochains matchs, il faut qu’on arrête un peu de penser à cette fin de saison. On a eu la chance d’avoir une certaine avance, qui s’est diminuée à deux victoires à l’approche des dernières journées. Donc peut-être qu’inconsciemment, ce matelas de points nous a fait, par moments, être en demi-teinte, en pensant au futur plutôt qu’au présent. Je crois que le seul objectif de la semaine qu’on a, c’est de prendre ce match, de battre Lyon à domicile. »
Pour lui, il est primordial de « retrouver une certaine forme de souveraineté à domicile », surtout après la déception face à Clermont (24-27) et en guise d’hommage aux joueurs qui quitteront le club prochainement comme Dimitri Delibes et Naoto Saito. « On va tout faire pour honorer leur dernière sortie à domicile. Donc on veut juste gagner ce match de Lyon, et ce qui reste après, on aura le temps d’en parler. »
Malgré ces difficultés, le troisième ligne refuse toute excuse : « Je pense qu’il y a plein de facteurs qui entrent en jeu. Mais encore une fois, on n’a aucune excuse. On ne doit en aucun cas se cacher derrière ça. Il y a d’autres équipes qui ont des parcours similaires au nôtre. Tout le monde n’est pas allé jusqu’au bout dans les compétitions européennes et pour autant, il y a d’autres équipes qui réussissent et qui sont constantes, à l’image de concurrents comme Pau, le Stade Français ou La Rochelle depuis quelques matchs. »
Roumat souligne que le potentiel est toujours présent : « Je pense qu’on peut être à la fois dithyrambiques et très négatifs à notre égard. Je pense qu’on n’est pas si loin que ça. Et on le voit, on est capables sur des matchs, comme quand on veut réagir à Toulon, de faire de grosses performances. On est capables de faire de bons matchs. Il faut juste que chacun d’entre nous monte le curseur comme on a su le faire auparavant sur des échéances comme ça. Individuellement, il faut qu’on hausse le curseur pour pouvoir apporter au collectif. Et j’espère que ça nous sourira. »
Le Stade Toulousain ne déroge pas à sa réputation d’équipe historique au palmarès impressionnant, ce qui alimente les attentes et la pression médiatique, parfois sévère. « Quand tu as l’habitude de gagner, quand tu as un historique comme le club a, une expérience énorme, beaucoup de joueurs internationaux, forcément que les attentes sont énormes. Et je pense que c’est aussi ça qui nous a permis, dans le passé, d’aller chercher au-delà de ce qu’on est capables de faire tous les jours. On connaît les règles du jeu. On sait très bien que quand tu gagnes beaucoup, tu peux être à la fois adulé mais à la fois critiqué. Quand ça va un peu moins bien et qu’on s’attend à beaucoup de choses parce que tu es une équipe avec beaucoup de joueurs d’un certain niveau, forcément tu déçois. On a toujours eu l’habitude de gérer cette pression, il n’y a pas de raison qu’on ne soit pas capables de le faire. »
Il appelle à recentrer les efforts individuels et collectifs : « Après, comme je le disais, chacun doit individuellement hausser le curseur dans tout ce qu’il fait. Dans sa préparation, dans les semaines de match, dans les préparations de match, pour se mettre dans des dispositions mentales pour attaquer les matchs dans l’idée de tous les gagner. Je crois que ça a été une période particulière où, comme on n’avait pas l’obligation de gagner tous les matchs pour être directement qualifiés, peut-être qu’il y a eu parfois des moments d’errance qui ne nous ont pas aidés. Je crois qu’il faut repartir sur des choses simples et juste gagner les matchs. Et notamment celui-ci de ce week-end à domicile, pour être sûrs de finir dans les deux premiers. »
Enfin, Roumat assure que le groupe reste uni et confiant : « Nous, de l’intérieur, je pense qu’il n’y a aucun doute. On est tous conscients qu’une équipe de haut niveau, tout sportif de haut niveau, à des moments, a peut-être des périodes de moins bien. On fait tout chaque jour pour essayer de trouver les solutions, de modifier certaines choses, de se remettre en question sur ce qui n’a pas été. De toute façon, c’est quelque chose d’assez bateau, mais la seule chose qu’on peut contrôler, c’est la manière dont on s’entraîne, se prépare, travaille. Et il n’y a que ça qui nous a toujours permis de rebondir. »
Pour conclure, il appelle à plus de régularité : « Je crois qu’il faut qu’on arrive à retrouver sur les rencontres à venir une certaine constance, et notamment aussi dans la durée du match. C’est-à-dire ne pas avoir des trous parce qu’on a vu aussi que quand on a eu des victoires, il y a des passages dans le match où on est peut-être un peu moins bien. Il faut essayer de retrouver cette solidité tout au long du match, même si des fois tu peux perdre des matchs en tombant contre meilleur. Mais nous, on est confiants, on sait qu’on est capables de le faire et je pense qu’on n’est pas devenus, du jour au lendemain, une mauvaise équipe. On sait qu’on a la qualité et surtout, on a un groupe qui est assez exceptionnel. Donc, on fera tout pour ne rien lâcher. »







