À l’approche du choc contre le Racing 92, Baptiste Jauneau, demi de mêlée et capitaine de l’ASM Clermont, s’est livré dans une interview accordée à Midi Olympique. Le jeune joueur revient sur ses nouvelles responsabilités, son rapport à la pression et sa relation avec le manager Christophe Urios.
Pour être performant, Jauneau travaille à se décharger de la pression : « J’essaie d’être un peu plus positif par rapport à moi-même, déjà. Je fais en sorte de me mettre un peu moins de pression, afin d’aider l’équipe au mieux et ne pas être davantage source de stress. Pour cela, je me décharge pas mal sur certains joueurs comme Harry Plummer, Selevasio Tolofua aussi. On a un bon groupe de leaders, et pouvoir compter sur des joueurs comme ça est important pour le groupe parce qu’ils amènent une autre énergie que moi. C’est assez intéressant. »
Très à l’aise dans l’expression spontanée, il confie : « Non, pas forcément. Lorsque je m’exprime, je parle beaucoup avec le cœur, j’essaie de ne pas trop préparer les discours. J’ai essayé de le faire, mais j’avais l’impression qu’on ressentait que ça ne venait pas de moi. Alors, définitivement, je préfère parler avec le cœur. »
Concernant les attentes de Christophe Urios à son poste de demi de mêlée, Baptiste Jauneau précise : « Je sais juste que Christophe aime pouvoir compter sur un 9 qui drive son équipe et ses avants, comme il a pu avoir avec Maxime Lucu à Bordeaux, Antoine Dupont ou Rory Kockott à Castres, Morgan Parra à Bourgoin. Il a envie de ça pour ses équipes, donc il fallait que je passe cette étape-là. J’essaye petit à petit, même si ça n’est pas forcément évident tous les jours. »
La relation entre joueur et entraîneur est d’une franchise assumée : « Elles peuvent l’être mais en tout cas elles sont toujours saines. Peu importe si elles sont frontales, au fond… Tant qu’elles sont franches, on peut se dire les choses, peu importe si ça ne doit pas plaire l’un ou à l’autre. Parfois, je peux aller le voir par rapport à des demandes de l’équipe, ça fait partie de mon rôle aussi. Je n’ai pas du tout peur d’aller voir Christophe, au contraire : je pense qu’il apprécie les gens directs, tout comme moi. Entre nous, ça se passe très bien. Même s’il doit te dire des choses qui ne font pas forcément plaisir, il n’attaque pas la personne, mais le joueur. Il faut être capable de prendre de la hauteur là-dessus. »
Enfin, il revient sur la récente trêve médiatique de son manager : « On en a un peu tous parlé, on a fait pas mal de réunions de leaders avec Christophe et son staff. À un moment, il sentait qu’il n’était plus trop avec le groupe, qu’il s’éparpillait un peu. Du coup, il voulait se reconnecter avec l’équipe et plus trop avec les médias. Je trouve que c’était très bien, d’autant que ça a correspondu à une bonne période pour nous sur le plan des résultats. Ça nous a fait du bien à tous. »
Et d’ajouter à propos de son propre rapport aux médias : « Moi aussi, ça m’arrive de temps en temps de prendre un peu de distance avec les médias parce que je ne suis pas très à l’aise avec ça. C’est important de le faire de temps en temps, parce que sinon on ressasse toujours le même discours, et on devient redondant. Les médias c’est très bien, mais ça rajoute aussi beaucoup de pression, et il faut savoir parfois s’en couper pour se reconcentrer sur l’essentiel. »







