Le sujet des JIFF (Joueurs Issus des Filières de Formation) s’est immiscé au cœur de la semaine agitée du Racing 92. À deux jours du choc décisif contre le Stade Toulousain, qui scellera leur qualification pour les phases finales, plusieurs observateurs estiment que le club francilien devra aligner au moins 18 JIFF pour éviter une sanction la saison prochaine.
Cette polémique n’a pas laissé indifférent Patrice Collazo, le manager du Racing 92, qui a choisi d’ouvrir sa conférence de presse par ce sujet brûlant.
« On est revenus sur le devant de la scène »
Avec son franc-parler habituel, Collazo a ironisé sur l’attention médiatique soudaine portée à son équipe.
« J’ai vu qu’on a fait un peu la Une en 24 heures. Il y a eu la perf à Clermont, comme vous l’avez relaté. Il y a eu les Jiff. C’est bien puisqu’en 24 heures, on est revenu un peu sur le devant de la scène. Ça veut dire qu’on est redevenu un peu bankable. Ça, c’est bien pour le club. »
Mais derrière l’humour, transparait une certaine irritation :
« Ce qui est sûr, c’est que le problème des Jiff, on ne m’avait pas posé la question avant Clermont. Avant Clermont, on ne dérangeait personne puisqu’on était huitièmes. Là, maintenant, j’ai l’impression qu’en étant cinquièmes, on dérange un peu plus de monde. Donc on soulève des problèmes. »
« Ça me fait penser à la politique »
Allant plus loin, Collazo a comparé cette polémique à un jeu politique :
« Ça me fait penser à ces mecs qui font de la politique et qui sont des super mecs. Et le jour où ils se présentent, il y a des dossiers qui tombent. Ça me fait penser un peu à ça. Donc ça me fait sourire… »
Pour lui, rien de nouveau sous le soleil :
« On ne découvre rien. La problématique était là avant Clermont, personne ne l’a soulevée. On attend qu’on gagne à Clermont. Mais c’est bien. C’est bien amené, ça tombe au bon moment. »
« Nous, on n’a jamais lâché un match »
Surtout, le manager du Racing a tenu à défendre l’intégrité avec laquelle son club aborde la compétition :
« La meilleure équipe jouera contre le Stade Toulousain, comme on a fait chaque année. »
Il a aussi réfuté toute accusation de « gestion » des JIFF à des fins tactiques :
« Je pense que la moindre des choses, ce serait déjà de noter que nous, des opérations Jiff en lâchant des matchs à 23, on n’en a jamais fait, comme certains clubs le font. On a toujours aligné la meilleure équipe pour jouer le match à l’instant T contre un profil d’équipe particulier. »
« Si j’ai envie de jiffer, je jifferai »
Balayant toute idée de pression externe, Collazo a martelé :
« On ne découvre rien et on n’est pas sous pression. On n’a pas une chape de plomb au-dessus de nous. »
Il a également démenti fermement le risque annoncé d’une pénalité au classement :
« Il n’y aura pas six points en moins comme ça a été titré. Il y aura l’équipe qui, pour nous, sera la plus compétitive pour jouer contre Toulouse. »
Puis, sur un ton provocateur :
« Et puis, si j’ai envie de « jiffer », je « jifferai » plus tard dans la saison, peut-être. »
« Ça ne nous empêche pas de dormir »
En guise de conclusion, Patrice Collazo a assuré que cette controverse n’entache en rien la préparation de son groupe :
« Ce n’est même pas un débat et ce n’est même pas un sujet. »
Il a rappelé la rotation importante au sein de son effectif cette saison :
« Prenez les compositions d’équipe du Racing, ça n’a jamais été la même. On a utilisé 47 joueurs sur la saison. Match gagné, match perdu… Donc il n’y a rien en fait, il n’y a pas de débat. »
« Vous me parlez d’un truc, si ça vous inquiète, je suis désolé, mais sachez que nous, ça nous a fait sourire et ça ne nous empêche pas de dormir. Si ça vous amuse de compter les Jiff, vous les compterez. Si j’ai envie de les faire plus tard dans la saison, je les ferai plus tard. »
À moins de 48 heures d’un affrontement capital face au leader toulousain, le message est clair : Patrice Collazo refuse de laisser la polémique des JIFF perturber son équipe.







