L’Aviron Bayonnais s’apprête à dire adieu à l’un de ses joueurs emblématiques. Baptiste Chouzenoux, touché à plusieurs reprises par des commotions cérébrales, a décidé de mettre un terme à sa carrière professionnelle à seulement 32 ans, rapporte Sud Ouest. Une annonce lourde de sens, d’autant que le troisième ligne était encore sous contrat jusqu’en juin 2027.
Depuis plusieurs saisons, Chouzenoux fait face à ce fléau qui gagne du terrain dans le rugby moderne. Que ce soit au Racing 92 ou durant son retour à Bayonne, les contusions cérébrales se sont multipliées, la dernière survenue lors du derby contre Pau le 18 avril dernier ayant été celle de trop. Quelques mois plus tôt, il avait déjà manqué la demi-finale du Top 14 face à Toulouse après une commotion lors du barrage contre Clermont. À force, continuer devenait impossible.
Ironie du sort, Baptiste Chouzenoux avait refusé en fin d’année 2025 une proposition de reconversion immédiate au sein du staff bayonnais, chargé de la touche. « Je n’ai pas l’impression d’être au bout de ma carrière de joueur. J’aurais mal vécu de prendre la décision d’arrêter. Peut-être qu’elle s’imposera un jour à moi. » Ce jour est finalement arrivé plus tôt que prévu.
Au-delà du cas personnel, cet arrêt illustre les dangers grandissants des commotions dans le rugby professionnel. Les protocoles médicaux se sont durcis, les spécialistes recommandent désormais sans hésitation la fin de carrière dès que les risques neurologiques s’avèrent trop élevés. À 32 ans, Chouzenoux n’était pas un joueur en fin de parcours, mais son départ rappelle que les chocs à la tête sont aujourd’hui redoutés au même titre, voire plus, que les blessures physiques classiques.
Cette décision est d’autant plus douloureuse qu’elle survient à un moment clé. Après sept saisons au Racing 92, Chouzenoux était revenu à Bayonne pour contribuer à un projet ambitieux et porter le club basque parmi les ténors du Top 14. Alors que l’Aviron a consolidé sa place dans l’élite, il ne pourra pas accompagner cette ascension jusqu’au bout. Une fin cruelle pour un joueur profondément attaché à sa terre et son club.
Originaire de Villefranque, Baptiste Chouzenoux incarnait parfaitement l’identité bayonnaise. Repéré à Bayonne, il avait rejoint le Racing 92 en 2017 avant de revenir à Jean-Dauger pour y apporter son expérience. Maître incontesté de la touche et moteur dans le jeu courant, il s’était imposé comme un pilier et un leader respecté du vestiaire.
Malgré cette carrière prématurément interrompue, son avenir semble déjà tracé du côté du club. L’Aviron Bayonnais lui avait proposé d’intégrer le staff technique dès l’an dernier, signe d’une grande reconnaissance interne. À quelques heures du match contre Perpignan, plusieurs départs sont sur le point d’être officialisés. Celui de Baptiste Chouzenoux, par la force des choses, marquera les esprits, symbole d’une carrière stoppée par les blessures alors que l’envie et le niveau étaient toujours présents pour évoluer au plus haut niveau.







