Patrice Collazo, manager du Racing 92, a laissé éclater son émotion à l’issue de la victoire précieuse de son équipe face au Stade Toulousain (31-20), samedi soir. D’ordinaire réservé, l’ancien pilier avait les yeux humides et la voix tremblante, traduisant la pression accumulée tout au long d’une saison éprouvante.
« Ce n’est pas pour moi, c’est pour tout le club », a-t-il confié, pensant d’abord à toutes les personnes qui ont traversé ces mois difficiles à ses côtés. « Je suis heureux pour le staff, pour tout le monde : le staff médical, la préparation physique… » Ces mots dévoilent l’intensité du moment vécu à l’issue d’une qualification cruciale pour les barrages du Top 14.
Le parcours du Racing cette saison a été marqué par des coups durs. Pourtant, comme l’a souligné Collazo, cette réussite n’est pas le fruit du hasard. « Comme je l’ai dit la semaine dernière, on a souvent pris des portes dans la gueule et on est toujours revenus. » Malgré les critiques, les doutes entourant la gestion des JIFF et la pression constante, les Ciel et Blanc ont su répondre présents, faisant preuve d’une résilience impressionnante.
Le tournant du match s’est produit lors de l’expulsion temporaire de Fabien Sanconnie. « Lorsque nous sommes passés à quatorze, ça a été un tournant du match », a analysé Collazo. Contre toute attente, son équipe s’est alors surpassée « en attaquant les Toulousains de toutes parts », une réaction qui a profondément marqué le manager.
Au milieu de cette émotion, Collazo a également pensé à Jacky Lorenzetti, le président du club, absent cette saison mais présent dans toutes les têtes. « Je l’ai vu avant-hier et il m’a demandé : ‘On va gagner, Patrice ?’ », a-t-il raconté avec un sourire, avant d’ajouter : « Je lui ai répondu : ‘Oui, on va gagner avec des JIFF, président.’ Ce soir, si le président est heureux, c’est tout le club qui est heureux. »
Le technicien a aussi salué la force mentale de ses joueurs. Face à Toulouse, son groupe a su répondre à chaque coup, affichant un caractère à la hauteur des attentes. « Je savais très bien qu’ils ne viendraient pas simplement disputer un match de rugby en gérant le score », a-t-il reconnu.
Désormais, place à la récupération avant un nouveau défi : le déplacement à Pau pour le prochain barrage. Conscient de la difficulté, Collazo a d’ores et déjà fixé le cap : « Nous irons là-bas avec beaucoup d’humilité, mais surtout avec énormément de détermination et d’envie. »
Mais samedi soir, ce n’était ni le barrage ni la suite de la compétition qui occupaient ses pensées. C’était le soulagement, la fierté et l’émotion d’un groupe qui a refusé d’abandonner alors que beaucoup pensaient le Racing hors course.







