La Rochelle renaît et s’invite en barrage de Top 14. Après avoir navigué dans le ventre mou du classement tout au long de l’hiver, le club maritime a surpris en décrochant une place parmi les six premiers, un exploit inattendu, même pour son ouvreur vedette, Ihaia West.
Samedi, lors de son dernier match à Marcel-Deflandre, le Néo-Zélandais n’a pas caché son émotion à l’issue d’une saison particulièrement éprouvante. « Pendant le match, l’émotion était un peu élevée, car on ne connaissait pas les résultats des autres matchs. Au final, on y est… c’est une soirée parfaite pour nous. Pas le match, mais être dans les 6, c’est énorme ! » s’est-il confié à Sud-Ouest.
En février, la qualification semblait pourtant hors de portée. « En février ? Je ne sais pas, c’était dur. Mais ROG avait dit qu’on n’avait pas le droit de penser au top 6. Parce que je ne sais pas où on en était au classement, mais on n’était pas bien. Le truc le plus important, c’était notre rugby, on devait l’améliorer. On l’a fait, on est là. » témoigne West, soulignant la résilience du groupe. « C’est énorme ce qu’a fait le groupe sur les deux ou trois derniers mois. L’hiver a été très dur pour tout le monde, toute l’équipe, tout le staff. Mais tout le club a été énorme. »
L’une des images fortes de la soirée fut le haka en hommage à Uini Atonio. Ihaia West, accompagné de Will Skelton et Tawera Kerr-Barlow, a tenu à saluer celui qui est devenu une icône du Stade Rochelais. « Au début, Tawera m’a dit : “Will va faire un haka pour Uini et toi”. Mais je lui ai répondu qu’un mec comme Uini avait besoin d’un haka pour lui tout seul. » Une initiative empreinte de gratitude : « J’avais envie de faire un haka pour Uini, pour toutes les choses qu’il a faites pour cette ville, pour ce club, pour nous individuellement. C’était hyper spécial de faire un haka pour lui. C’est quelque chose qu’on fait pour les mecs comme ça. »
Malgré la joie de cette qualification, Ihaia West appelle à la prudence. « Le but était d’être dans le 6. Maintenant, c’est la phase finale. Ceux qui gagnent restent dans la compétition. Notre seul focus sera sur la semaine qui arrive, sur nous. » Il observe aussi une marge de progression importante : « Surtout au début, parce qu’on a beaucoup de choses à améliorer par rapport à samedi soir. Mais on y est, tout est possible. »
Revenant sur cette saison tumultueuse, West livre une analyse pleine de lucidité : « Oui, il y avait tout. C’était une saison de fou, avec tout ce qui s’est passé. Je pense que c’est pour ça qu’on est là, parce qu’on a passé des moments très durs ensemble. Et ça a juste beaucoup plus serré le groupe et le club. » Avant de conclure avec optimisme : « Oui, c’est une saison spéciale, mais elle n’est pas finie. J’espère qu’il reste trois semaines. »






