Malgré une saison solide conclue à la quatrième place de Pro D2 et une qualification pour les demi-finales, Dougal Bendjaballah, président d’Oyonnax Rugby, exprime une vive frustration. Si les résultats sportifs ont redonné de l’espoir au club, il déplore un problème bien plus inquiétant : la faible affluence dans les tribunes du stade Charles-Mathon.
« On ne peut pas accepter de jouer un quart de finale devant à peine 6 000 personnes. Ce n’est pas possible », déclare-t-il dans les colonnes du Progrès. Un constat d’autant plus difficile à avaler que l’équipe s’est montrée performante tout au long de la saison : « Nous avons la plus faible affluence de Pro D2. Pourtant, nous n’avons perdu que deux matchs à domicile cette saison avec des victoires à 40 points. »
Cette problématique n’est pas nouvelle. Le club souffre d’une fréquentation modeste qui remonte à plusieurs années. « Lors de notre dernière saison en Top 14, nous n’avons joué que trois matchs à guichets fermés contre Toulouse, Clermont et Lyon alors que tout club promu doit le faire toute la saison », rappelle Bendjaballah, avant de s’interroger sur les causes : « Est-ce que c’est la taille de la ville ? Peut-être que nous sommes un club avec 8 000 à 10 000 spectateurs en Top 14 et 6 000 en Pro D2. Si c’est ça notre économie, on va faire avec mais c’est frustrant. »
L’exemple de la réception du quart de finale à domicile illustre bien ce mal-être. Alors que ce type de rencontre est un moment fort pour les clubs, l’événement est resté presque anonyme à Oyonnax : « Quand on a joué le quart de finale, c’est comme si c’était un match classique », regrette le président, déplorant l’absence de mobilisation locale. « Il n’y a pas eu de fanion dans la ville. Combien de clubs de Pro D2 rêveraient de jouer un barrage à domicile ? À Oyonnax, c’est presque devenu le minimum syndical. »
Au-delà du constat sportif et populaire, Dougal Bendjaballah lance un avertissement clair à l’ensemble des acteurs du territoire. « Si on est là aujourd’hui, c’est parce que je suis là », confie-t-il, rappelant que le club repose encore trop sur son investissement personnel. « Attention, Dougal n’est pas éternel », prévient-il, appelant à une plus grande mobilisation des partenaires, des collectivités et surtout du public. « Je suis ambitieux. J’ai beaucoup de volonté à amener ce club au plus haut mais je ne peux pas être le seul. »
Cette situation a déjà des répercussions financières. Alors que le budget d’Oyonnax Rugby s’élevait à 13 millions d’euros cette saison, une baisse est prévue pour l’exercice à venir : « L’année prochaine, on va être à moins de 12 millions d’euros de budget. » Cette diminution s’explique principalement par un manque de recettes autour du club : « Nous avons dû prévoir une réduction des dépenses d’au moins 1,2 million d’euros l’année prochaine. »
Malgré une équipe compétitive et une saison globalement réussie, Dougal Bendjaballah tire la sonnette d’alarme. Son message est sans appel : sans un regain d’intérêt du public et des partenaires, Oyonnax risque de voir ses ambitions freinées, quels que soient les exploits sportifs réalisés sur le terrain.







