À quelques heures de l’affrontement le plus crucial de son histoire, Provence Rugby s’apprête à défier Perpignan avec une ambition claire : obtenir une montée historique en Top 14.
Dimanche soir, le stade Maurice-David, annoncé complet, accueillera cette confrontation sous une chaleur accablante. Les Aixois auront pour objectif de faire chuter l’USAP et de rejoindre pour la première fois l’élite du rugby français.
Pour Philippe Saint-André, l’approche est limpide. Le manager provençal assume : « Le meilleur gagnera mais on est prêt à faire un grand match de rugby », a-t-il déclaré à Ici Provence. Après leur défaite face à Vannes en finale de Pro D2 la semaine dernière, les joueurs de Provence Rugby disposent d’une seconde chance pour atteindre le Top 14.
L’ancien sélectionneur du XV de France insiste sur la nécessité pour son équipe de s’élever pleinement à ce rendez-vous exceptionnel. « On doit être sublimé par le match, par l’évènement, par le fait d’avoir un public, toute une ville, toute une région qui va suivre ce match », explique-t-il, souhaitant voir ses joueurs « sans frein à main ». Il ajoute : « Pour être les premiers à faire monter le club en Top 14, on doit être concentré, excité, discipliné, maîtrisé. Ce sont des moments exceptionnels et il faut les vivre pleinement, sans frein à main avec une détermination forte de faire sauter la banque, c’est-à-dire essayer de gagner ce match-là ».
Le message semble bien passé au sein du groupe provençal. Le demi de mêlée Arthur Coville se montre particulièrement motivé avant cette rencontre décisive : « C’est un match d’accession en Top 14 ! Donc je n’ai aucun doute sur l’envie qu’on va avoir contre une grosse équipe de Perpignan ».
Du côté de l’USAP, l’expérience de ce type de duel est bien présente, avec trois access-matchs remportés lors des quatre dernières saisons. Une donnée que n’ignore pas Philippe Saint-André, qui réagit avec un brin d’humour : « C’est sûr à Bayonne, ils ont mis les espoirs et je crois que même le staff ne s’est pas déplacé ».
Pour préparer au mieux cette échéance, Provence Rugby a adapté sa charge de travail ces dernières semaines : « Depuis quatre semaines on a allégé les programmes. On est à 30 matchs de championnat et on joue notre quatrième match de phase finale », précise le manager.
Le défi physique s’annonce redoutable, notamment sous une température qui devrait dépasser les 30 degrés au coup d’envoi. Le Colombien Andrés Zafra met en garde son équipe : « C’est un bras de fer. Il ne faudra pas s’échapper ! » Insistant sur l’importance de la bataille dans le jeu au contact, il affirme : « Il y aura beaucoup d’énergie, de plaquages. Je pense que la victoire passera d’abord par nous. Si devant on ne rivalise pas, je ne pense pas qu’on pourra gagner. Donc il faudra être très costaud, avoir plus envie qu’eux, se déplacer plus qu’eux et trouver des solutions pour gagner nos duels ».
Enfin, l’apport du public sera un facteur clé. Soutenus par un stade plein, les Provençaux comptent énormément sur leurs supporters. Arthur Coville lance un vibrant appel : « On attend du bruit, qu’ils soient derrière nous ». Il enchaîne avec une mise en garde réaliste : « On a besoin qu’ils nous poussent. Je veux leur dire que ce sera dur. On va passer par des moments de doute, peut-être être derrière au score. Il ne faudra pas nous lâcher. On a besoin de leur énergie. Quand un public entier pousse derrière nous avec la même quête, ça peut compter à la fin. On sait qu’ils seront là pour nous, on a aucun doute ».
Dimanche soir, Provence Rugby et Perpignan joueront bien plus qu’un simple match : une page d’histoire du club sera écrite sous les yeux d’une région toute entière.







