Christophe Urios dresse un bilan contrasté d’une saison « en progrès, mais pas aboutie » pour Clermont.
Quelques jours après la victoire d’honneur à Bordeaux, insuffisante pour décrocher une place dans le Top 6 du Top 14, le manager clermontois n’a pas caché sa frustration au micro de *Midi Olympique*. Malgré une progression visible, il regrette que l’objectif principal ne soit pas atteint.
« C’est compliqué parce qu’il y a beaucoup d’attentes. Mais c’est pour ça que je suis là aussi. Je n’ai pas pris beaucoup de plaisir dans le sens où on n’est pas toujours payé au niveau d’engagement que nous mettons tous, le club, les joueurs, les leaders, le staff », confie Urios, amer. Pour lui, cette saison représente une occasion manquée : « De finir la saison maintenant, quand je vois tout ce qu’on a fait, c’est dur ! Quand tu repars dans quelque chose, quand tu repars de loin, c’est plus dur que partout ailleurs. Maintenant, il faut valider. J’aurais dû valider cette année. Normalement, je le fais lors de ma troisième saison pleine. » Avant de conclure : « C’est une saison en progrès, mais pas aboutie. On validera l’année prochaine. »
Le coach a identifié « quatre matchs qui ont tout changé » : les déplacements à Perpignan, Castres et Pau, ainsi que la réception de Montpellier. Sur ces rendez-vous clés, Clermont n’a engrangé que 3 points sur 20 possibles. Il souligne également le poids de la défaite à domicile contre le Racing 92 : « Cette défaite contre le Racing, on doit absolument l’enterrer, car elle nous coûte probablement la qualification. »
Sur le plan sportif, Urios pointe en priorité les failles défensives et l’indiscipline. Malgré une attaque séduisante, la défense clermontoise reste perfectible : « On termine la saison en tant que sixième meilleure défense et, mis à part le Racing, tous les qualifiés sont devant nous. Il faudra qu’on augmente notre taux de plaquages réussis de 85 à 88 %. »
Mais le véritable talon d’Achille demeure « l’indiscipline, notamment sur la ligne de hors-jeu. On a concédé trop de fautes dans ce secteur par rapport à nos concurrents et on devra absolument régler ce point la saison prochaine. »
Au-delà des statistiques, Urios déplore aussi un manque de maturité dans les grandes rencontres : « Je me suis amusé à dire aux joueurs, dans les entretiens individuels, qu’on avait besoin de passer d’une bonne équipe à une équipe de phase finale. » Il illustre son propos par le match décisif contre le Racing : « Le match du Racing, c’était un match de phase finale. Les Franciliens sont venus dans cet état d’esprit. Et nous, on ne l’a pas complètement abordé comme ça. »
Concernant la Coupe d’Europe, le manager avoue que Clermont n’a jamais pu s’y consacrer pleinement : « La priorité, c’était le Top 14. Quand on dit en début de saison qu’on veut se qualifier, et que le premier match face aux Saracens, je joue avec quatre jeunes parce que j’ai mes internationaux qui sont en congé, je n’envoie pas une bonne énergie. » Mais il se veut ambitieux pour la suite : « L’année prochaine, j’espère qu’on sera capable de faire les deux. »
Dans ce contexte difficile, une lueur d’espoir vient du centre de formation et de l’équipe Espoirs, sacrée championne de France, une première depuis 2018 : « C’était fondamental. Les Espoirs n’avaient pas gagné depuis 2018. Donc il y a eu une vraie traversée du désert. Et ce titre vient récompenser la mise en mouvement d’un club. »
Urios rappelle d’ailleurs l’importance historique du vivier clermontois : « Quand Clermont a été champion chez les Espoirs en 2010, 2011, 2012 et 2014, le premier recrutement que je faisais quand j’étais à Oyonnax, c’était de venir chercher les jeunes à Clermont. Pour la bonne et simple raison que je savais qu’ils étaient bien éduqués. Je savais qu’ils étaient dans une démarche de travail. Et je savais qu’ils connaissaient leur poste par cœur. » Puis il confesse : « De 2015 à 2023, je ne l’ai jamais refait. »
Après trois saisons de reconstruction, la patience a ses limites. Pour Christophe Urios, l’avenir proche de l’ASM devra impérativement passer par la qualification en phases finales. L’heure des promesses est révolue, place aux résultats.







