Louis Carbonel, le maître à jouer du Stade Français, vit sans doute sa meilleure saison depuis son arrivée dans la capitale. Actuel deuxième meilleur réalisateur du Top 14, l’ouvreur parisien a joué un rôle majeur dans la qualification de son équipe pour les phases finales. À quelques heures du barrage décisif face à La Rochelle, il s’est livré sur sa nouvelle vie à Paris, une ville qu’il a appris à connaître et à apprécier bien au-delà du cadre sportif.
### Paris, une découverte progressive
Avant de rejoindre le Stade Français, Louis Carbonel imaginait Paris comme un univers totalement différent de celui du Sud, d’où il est originaire. Dans une interview accordée au *Parisien*, il confie :
« Dans ma tête, c’était gigantesque, comme je viens de petites villes. C’était aussi un endroit avec plein de possibilités, où l’on peut rencontrer énormément de personnes. Mais tout était un peu nouveau pour moi, rien que le découpage des arrondissements. Petit à petit, j’ai appris à découvrir Paris, les endroits où sortir, les monuments, les lieux culturels. Je pense qu’humainement, ça m’a fait du bien de découvrir cela. »
### Jean-Bouin, un stade à l’ambiance retrouvée
Déjà familier du stade Jean-Bouin avant de rejoindre le club, Carbonel apprécie nettement le regain d’ambiance qui s’y installe :
« J’y avais déjà joué pas mal de fois. Déjà, j’ai toujours trouvé que c’est un joli stade, architecturalement. Quand tu regardes un match, tu peux voir bien de partout, ce qui est quand même assez rare. Quand tu es sur la pelouse, tu te sens petit par rapport aux gradins et à l’environnement, et ça devient un atout pour le Stade Français quand il est plein. Je sais qu’il y a eu une période creuse au niveau des supporters, mais depuis deux ou trois ans, on voit qu’ils reviennent au stade, et ça fait du bien. »
### Deux cultures rugby, deux visions passionnées
Joueur passé par Toulon puis Montpellier avant Paris, Carbonel a découvert deux facettes bien distinctes du rugby en France :
« Là-bas, j’adorais cette passion, et le fait que la ville ne vit que pour ça. Ce que j’aime surtout en tant que joueur, c’est sentir le stade en ébullition. À Paris, le public est plus spectateur, mais ça s’explique par le fait que pas mal de gens viennent vivre ici pour le travail, il y a moins cette culture rugby. En fait, les deux contextes sont intéressants. Ici, c’est à nous d’impulser cette passion. Et Paris, quand tu n’as plus envie de penser au rugby et que tu veux t’échapper un peu, c’est l’idéal. »
### Des moments forts à Jean-Bouin
Plusieurs rencontres ont marqué l’ouvreur parisien depuis son arrivée :
« Plusieurs fois. Je pense à Clermont récemment, quand on met cinq essais dans les dix dernières minutes (64-20). Ça, c’était beau niveau émotions. Ensuite, il y a ce match de Champions Cup contre Northampton il y a un an. On rate le début, on perd de plus de vingt points (21), et derrière on enchaîne et on s’impose (45-35). Là, c’est le genre de matchs où tu ressors en te disant : On vit des trucs fous dans ce métier, quand même. »
### Paris, une ville à explorer comme un touriste
Installé dans la région parisienne, Carbonel a choisi de vivre à Boulogne-Billancourt, proche de Paris, pour pouvoir pleinement profiter de la ville :
« Quand je me suis installé ici, j’avais le choix entre vivre à proximité du centre d’entraînement (à Saint-Germain-en-Laye) ou en proche banlieue parisienne, à Boulogne-Billancourt, comme quasiment tous les joueurs. Ça a vite été clair dans ma tête : je voulais pouvoir descendre de chez moi, sortir pour profiter de Paris quand j’avais besoin de couper. »
Le joueur ne manque pas d’explorer la capitale à son rythme :
« Oui ! En arrivant, je me suis dit qu’il fallait voir tous les incontournables. Donc, j’ai pris le métro et j’ai fait le tour, parfois accompagné, parfois juste seul pour le simple plaisir. J’adore pouvoir dire : j’ai vu ci ou j’ai fait ça. C’est enrichissant, en fait. Je suis allé à la tour Eiffel, au musée d’Orsay, au Louvre, au Panthéon, mais aussi au Musée de l’Armée aux Invalides. »
Même après plusieurs années, sa curiosité reste intacte :
« J’ai fait un peu le tour, mais je prends toujours autant de plaisir à aller me promener. Niveau restauration, je n’arriverai jamais à faire le tour des bonnes adresses, même en cinq ou six ans. En fait, je me dis que c’est une super expérience et que je ne ferai pas toute ma vie ici. Parce que bon, avoir le soleil toute l’année, c’est sympa aussi (sourire). »
### Une étape décisive dans sa vie personnelle
S’éloigner de sa famille a également constitué une étape importante pour le joueur de 26 ans :
« Je trouve que c’est positif dans ma vie d’adulte. Ça m’oblige à faire les choses par moi-même, sans qu’ils soient à dix kilomètres de moi et qu’ils viennent sur un coup de tête. Même si je les adore et que ça me faisait très plaisir de les voir tous les jours, c’est intéressant de passer par là dans ta construction en tant qu’homme. »
### Les meilleurs guides touristiques sont… les provinciaux !
Pour terminer, Carbonel se livre à une note d’humour à propos de ses coéquipiers parisiens :
« Ce qu’il m’a le plus surpris, c’est que ce sont les Parisiens qui connaissent le moins Paris. Ils ont leurs habitudes dans leur quartier et ne sont pas forcément au courant des nouveautés. Allez, il y a quand même Ryan Chapuis et Pierre-Henri Azagoh qui font exception. Mais globalement, ce sont les provinciaux qui sont le plus calés (rires). »
Louis Carbonel continue ainsi à écrire sa trajectoire au Stade Français, entre performances sportives et une intégration réussie dans la capitale. Une double aventure qu’il savoure pleinement à l’aube d’un rendez-vous crucial.







