Alors que le Stade Toulousain se prépare à disputer une nouvelle demi-finale de Top 14, l’un de ses piliers, le talonneur Peato Mauvaka, livre sans filtre sa détermination intacte et sa soif de victoire, malgré un palmarès déjà exceptionnel.
Avec sept trophées remportés en sept ans sous le maillot rouge et noir, certains pourraient penser que la motivation faiblit. « Non. Chaque année, c’est même de plus en plus difficile, mais on travaille comme des fous toute la saison pour revivre ces moments-là », affirme le joueur dans un entretien accordé à L’Équipe.
Peato Mauvaka n’oublie pas les longues périodes sans succès qu’ont connues ses prédécesseurs. « Je n’oublie jamais que les anciens qui étaient avec nous en 2019, comme Max (Médard), n’avaient plus soulevé un trophée depuis sept ans. » Cette mémoire du passé renforce sa volonté de « ne jamais banaliser les succès » : « Quand on a l’occasion d’ajouter une ligne à son palmarès, il ne faut surtout pas la rater. »
Refusant catégoriquement de considérer la défaite comme acceptable, le talonneur déclare : « Non, jamais. Dès que tu commences à gagner, tu n’as surtout pas envie que ça s’arrête, ne serait-ce qu’une fois. » Et d’insister, « Je ne serai jamais rassasié ».
Malgré son invincibilité en finale, certaines éliminations en phases finales laissent des traces. « Je l’ai déjà vécue en demi-finales ou en quarts de finale, et ça fait très mal. » S’interrogeant sur son tempérament face à la défaite, il répond avec humour : « Mauvais perdant ? Non, parce que je ne perds jamais (rires). Plus sérieusement, quand je commence à perdre, j’aime bien parler aux mecs en face pour essayer d’entrer dans leur tête. C’est mon côté mauvais perdant. »
Cette combativité ne date pas d’hier. « Bien sûr. Gamin, j’adorais déjà la compète », confie Mauvaka. Non seulement le sport a rapidement occupé une place centrale dans sa vie, mais il avoue aussi : « Comme je n’étais pas très doué pour l’école, et plutôt à l’aise dans tous les sports, j’ai très vite concentré mes efforts sur les disciplines sportives. »
Son parcours vers le rugby est aussi fulgurant qu’atypique. « Je n’y connaissais vraiment rien au rugby. Quand c’est arrivé, ça ne faisait que trois semaines que j’avais commencé ce sport. » Et pourtant, face à un recruteur du Stade Toulousain, il s’est surpassé : « J’ai alors tout donné parce que mon rêve était de partir en Europe pour y devenir pro. » Pour expliquer pourquoi il a été repéré, il glisse avec modestie : « J’étais le seul gamin du coin disposé à faire des passes. C’était quand même des passes un peu au hasard, vu que je n’y pompais rien. »
Les défaites, même aujourd’hui, restent difficiles à digérer. « J’ai vraiment du mal à dormir la nuit qui suit », avoue-t-il. Son premier réflexe ? Corriger ses erreurs sans délai. « La seule chose dont j’ai envie est de revenir sur le terrain pour rattraper mes erreurs. » Quant aux séances vidéo du lundi, elles ne sont jamais de tout repos : « Je sais que je vais ramasser à la vidéo. »
L’année dernière, une rupture des ligaments croisés a marqué un coup d’arrêt brutal à sa progression. « J’espère ne plus jamais revivre le moment que j’ai vécu la saison dernière en fin de saison. » L’élimination européenne contre Bordeaux-Bègles reste un souvenir amer : « Le plus dur avait été de regarder de l’extérieur la demi-finale de Coupe des champions perdue contre l’UBB. » Ce regret s’accompagne d’un « Je me disais qu’à trois jours près, j’étais sur le terrain… »
Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit d’un joueur pour qui chaque rendez-vous majeur est bien plus qu’un match : c’est une obsession, un combat sans fin pour rester au sommet.







