Bayonne tire les leçons d’une saison tumultueuse. Dans un entretien accordé à Midi Olympique, Philippe Tayeb, président de l’Aviron Bayonnais, fait le point sur une année décevante et répond aux critiques qui agitent le club.
Refusant de céder à l’idée d’un retour à l’instabilité d’antan, Tayeb affirme : « Non, car dire ça effacerait tout le travail qui a été fait. » Selon lui, les progrès réalisés ces dernières années sont solides malgré les difficultés récentes. « Je pensais que les turbulences et l’instabilité étaient passées. » Il dénonce toutefois une minorité nuisible qui fragilise le club : « Ce sont toujours 200 ou 300 imbéciles destructeurs et non constructeurs, qui passent leur temps à la critique. »
Le président rappelle les avancées accomplies depuis son arrivée, avec « une forme de stabilité avec deux managers en huit ans, un cadre financier, des structures ». Il prévient néanmoins : « Bayonne est particulier, mais on ne peut pas effacer les huit ans qui ont été faits. Par contre, il faut être vigilant, prudent, ne pas créer d’instabilité car ça risquerait d’être la dégringolade du club. »
Sur le plan sportif, Tayeb reconnaît avoir sous-estimé les réactions négatives liées aux changements opérés dans l’organisation : « Je ne pensais pas que le changement sportif allait entraîner autant de problèmes. » S’appuyant sur une formule marquante, il confesse : « Peut-être que je me suis trompé, « Mariés au premier regard » n’a pas marché chez nous. » Malgré tout, il défend ses décisions en soulignant le rôle essentiel du président : « Le rôle d’un président, c’est d’être visionnaire. »
Regardant vers l’avenir, Tayeb affiche une ambition claire : « À quatre ans, je sais que le club aura une dimension encore supérieure avec la construction de la tribune nord, un projet économique stable. »
L’arrivée récente d’un directeur du rugby s’inscrit dans cette dynamique d’évolution. « Nous étions obligés de faire évoluer le club et cela passait par l’arrivée d’un directeur du rugby, » explique-t-il, ajoutant que cette décision découle d’une réflexion entamée depuis plusieurs saisons : « L’arrivée d’un Directeur de Rugby a été actée suite à la saison 2023-2024. » Il confie également son incompréhension face à la gestion sportive qui a conduit l’équipe à finir douzième : « Je ne comprends pas la gestion de la fin de championnat et nous finissions douzièmes. »
Face aux rumeurs concernant des tensions avec un actionnaire important, Tayeb réagit fermement : « Archi-faux. » Il balaie ces bruits de couloir comme « les rumeurs du centre-ville, encore des discussions de comptoir », expressions qui l’agacent profondément : « Oui, elles me fatiguent. Les gens s’alimentent des discussions de comptoir, mais ça ne fait pas grandir le club. »
Malgré ces tempêtes, la confiance des actionnaires et des collaborateurs reste intacte. « Ce qui est important, c’est de voir si les propriétaires font confiance au président. Je crois que oui. » Le président confirme également son soutien inconditionnel au staff sportif, aux joueurs et aux salariés : « Est-ce que le président fait confiance à son staff sportif, à ses joueurs et à ses salariés ? Oui. À partir de là, on va entamer une nouvelle saison. On ne fera pas de miracles tous les ans. Tant qu’on n’ira pas toucher le salary cap, qui n’est pas très loin, mais qui nous amènerait deux ou trois joueurs en plus, on va rester prudents. Des clubs ont complètement manqué leur saison, avec des moyens financiers supérieurs aux nôtres, et il n’y a pas autant de commentaires négatifs et de jugements qu’à Bayonne. »
Enfin, Tayeb dément toute idée de gouvernance partagée : « Non, pas du tout. Le conseil d’administration m’écoute, travaille avec moi. »
Un message clair et assuré, envoyé par un président déterminé à poursuivre le projet qu’il mène depuis désormais huit ans, malgré les vents contraires.







