Alors qu’il confirme son statut de révélation du Top 14, Esteban Capilla pense déjà à son avenir loin des terrains. Le troisième ligne de Bayonne refuse de se limiter au rugby et nourrit une soif constante de compréhension qui guide sa carrière.
Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, Capilla révèle avoir commencé à investir en dehors du rugby. « Oui, mais c’est encore à petite échelle. C’est surtout pour occuper mon esprit. » S’il admet cet engagement, ce n’est pas pour des raisons financières avant tout. Il refuse aussi les clichés souvent associés aux rugbymen : « Je déteste l’étiquette du rugbyman un peu benêt qui aime faire des mauls et des mêlées, point barre. » Il ajoute avec humour : « Sans critiquer, on est quand même un peu plus intelligents qu’à une certaine époque. »
Cette quête de sens s’inscrit dans tous les aspects de son quotidien, qu’il s’agisse des entraînements physiques ou des soins médicaux. Capilla entend toujours comprendre pourquoi il suit un exercice ou une méthode : « Depuis tout petit, je déteste recevoir des ordres injustifiés. J’essaie toujours de me demander pourquoi je fais les choses. » Une démarche éclairée par un travail personnel rigoureux : « Si je me permets de faire des commentaires, c’est parce que j’ai étudié, j’ai écouté, je suis allé m’entraîner avec les meilleurs. J’ai gratté de l’information, de l’expertise. »
Cette manière de fonctionner peut parfois être perçue comme un défaut. « Je ne ferai jamais un exo qui, selon moi, est mauvais. Et c’est un défaut : je ne suis pas qu’un soldat. » Toutefois, Capilla reste ouvert au dialogue avec les staffs : « Après, je ne dis pas non, je dis que je vois les choses différemment. Mon prisme n’est pas toujours le meilleur. Tu crées de la valeur dans l’échange. J’adore. »
Cette exigence intellectuelle s’est construite au fil de nombreuses rencontres avec des spécialistes de renommée. « J’ai travaillé avec des coachs d’athlétisme, à l’Insep, de sprinters français qui ont performé en moins de dix secondes. » Il évoque aussi sa collaboration avec Romain Tourillon, expert mondialement reconnu dans le soin du pied et du mollet : « Ces rencontres ont développé mon esprit critique. »
Malgré cette forte personnalité, Capilla fait preuve de prudence pour maintenir l’équilibre au sein du groupe : « Je ne suis pas non plus le gars qui s’oppose devant tout le groupe. » Il veille à ne pas nuire à la crédibilité de ses interlocuteurs ni à se faire détester : « Je ne veux pas que la personne en face perde de la crédibilité et je ne souhaite pas avoir le statut du casse-couilles. »
Avec cette réflexion permanente et cette volonté d’explorer chaque détail susceptible de l’aider à progresser, Esteban Capilla incarne un joueur ambitieux, curieux et déterminé à dépasser les limites du simple athlète pour préparer son avenir.







