À quelques jours de la finale du Top 14 entre Montpellier et Toulouse, le groupe Altrad est secoué par une enquête judiciaire majeure.
Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire pour “fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée”, révèle ce lundi Les Echos. Des perquisitions ont eu lieu notamment au siège du groupe, à Montpellier.
Cette procédure fait suite à une plainte de l’administration fiscale déposée à la mi-avril. Le PNF a confirmé que plusieurs opérations ont été conduites la semaine dernière à travers la France, mobilisant une cinquantaine d’enquêteurs, notamment au sein du groupe industriel fondé par Mohed Altrad.
Plusieurs personnes ont été entendues dans le cadre d’auditions libres, sans qu’aucune garde à vue n’ait été décidée à ce stade.
Selon une source interne, les enquêteurs s’intéresseraient à un système de transferts financiers via des filiales internationales du groupe. Le préjudice potentiel évoqué pourrait atteindre entre 350 et 400 millions d’euros pour la période 2018-2024, soit des montants annuels allant de 23 à 86 millions d’euros. Ces chiffres n’ont toutefois pas été confirmés officiellement par le Parquet national financier.
De son côté, l’avocat du groupe Altrad, Maître Christophe Ingrain, a confirmé la perquisition, la reliant à un “contentieux fiscal ancien” avec l’administration. Il a précisé que l’opération s’est déroulée “dans un climat serein et dans un esprit de coopération” avec les enquêteurs. Le groupe a choisi de ne pas faire d’autres commentaires pour le moment.
Cette affaire survient dans un contexte sensible pour Mohed Altrad, également président du Montpellier Hérault Rugby (MHR). En décembre 2022, il avait été condamné dans le dossier Altrad-Laporte, aux côtés de l’ancien président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte, les deux hommes devant être rejugés en appel en septembre prochain.
Par ailleurs, le club héraultais se prépare à affronter le Stade Toulousain samedi prochain au Stade de France pour la finale du Top 14. Même si cette enquête cible le groupe Altrad et non directement le MHR, son impact intervient à un moment crucial pour l’environnement du club montpelliérain.






