Le Stade Toulousain, à un pas de l’histoire ce samedi, pourrait décrocher un quatrième Bouclier de Brennus consécutif en battant Montpellier en finale du Top 14. Une performance inédite depuis la génération de Thomas Castaignède dans les années 1990, qui voit aujourd’hui en cette équipe « toutes les caractéristiques des très grands champions ».
Impressionné par la résilience des Rouge et Noir, l’ancien international français souligne leur capacité à puiser dans leurs ressources lors des instants décisifs. Pour lui, cette force mentale est rare : « Franchement, c’était dur de croire que ça pourrait se reproduire. Ça prouve d’abord que les joueurs actuels ne sont pas du genre à renoncer facilement. Mentalement, ils sont capables d’aller chercher des forces au plus profond d’eux-mêmes pour survivre aux moments critiques, comme seuls les grands champions savent le faire. » Il évoque notamment la finale de 2023 face à La Rochelle, marquée par l’essai victorieux de Romain Ntamack.
Mais le talent ne fait pas tout. Castaignède met en lumière « l’état d’esprit collectif » qui règne dans le vestiaire. « J’ai l’impression que ces gars-là ont passé un pacte de réussite. Même si ça ne doit pas être tout rose tout le temps, on sent qu’il y a ce pacte qui fait qu’un joueur, quel qu’il soit, accepte toujours d’être le remplaçant de l’autre, et vice versa. »
Un exemple frappant de cette mentalité est la relation entre les talonneurs Julien Marchand et Peato Mauvaka. « Les mecs laissent leurs ego de côté pour ne plus faire qu’un. » Pour Castaignède, cette saine concurrence est « le succès d’Ugo Mola et de son staff », qui grâce à cette émulation rend « les joueurs encore plus forts ».
L’ambition de cette équipe dépasse les simples victoires : les joueurs scrutent les records des anciens. « Je me souviens d’être allé dans leur vestiaire après la finale d’il y a deux ans et il y en avait qui me demandaient combien Jérôme Cazalbou avait gagné de titres. Je sentais déjà leur envie de challenger les vieux. » Une obsession justifiée puisqu’« tous les records sont faits pour être effacés. »
Le rôle des leaders est également crucial, avec Thomas Ramos en tête. Pour Castaignède, « ce n’est peut-être pas le gars qui va te faire des grands sourires, mais c’est celui qui saura te transmettre son envie de tout gagner. »
À l’aube de la confrontation contre Montpellier, l’ancien joueur refuse de sous-estimer l’adversaire, mais mise sur l’expérience accumulée par Toulouse : « Toulouse, c’est différent. Normalement, à ce niveau, l’histoire se répète tous les trois ans. Mais avec ce Toulouse-là, elle se répète tous les ans. Cette équipe n’a pas de limites. Je trouve ça plus impressionnant qu’à mon époque parce que la concurrence me semble plus rude aujourd’hui, et le Championnat plus difficile. »
Enfin, malgré tout ce succès, rien ne semble menacer la stabilité du club. « Seul le départ de deux ou trois d’entre eux pourrait enrayer la machine, mais quelles raisons auraient-ils de partir ? Ils sont dans un club qui est en avance et où ils sont plutôt bien payés. » Une confiance qui témoigne de la solidité d’un groupe prêt à écrire un nouveau chapitre glorieux du rugby français samedi soir.







