Après la lourde défaite face au Stade Toulousain en demi-finale du Top 14, Gaël Fickou s’est livré sur la recette du succès des Rouge et Noir, dirigés par Ugo Mola. Le trois-quarts centre du Racing 92 voit en Toulouse un modèle de jeu unique, particulièrement difficile à contrer.
Dans le podcast *Rugby Confidential*, il détaille cette philosophie : « Toulouse a un jeu qui est très dur à défendre. C’est une des rares équipes à le cultiver de jouer debout. Ils n’ont pas de très bonnes cellules par rapport à certaines équipes du Top 14. Ils ont compris beaucoup de choses : ils adorent le jeu dans le désordre, ils adorent le cultiver, ils le provoquent et ils jouent debout. Si tu as seulement un ruck au lieu de quatre, ça change beaucoup de choses car tu fixes beaucoup de défenseurs, tu n’as pas le temps de te relever. »
Pour Fickou, cette approche diminue les temps morts et maximise la vitesse : « Moins tu as de rucks, moins tu as des opportunités de te faire ralentir, tu as tous tes joueurs sur les pieds, tu arrives avec de la vitesse et tu consommes plus de défenseurs. C’est un jeu qui est indéfendable et même les meilleures équipes du monde, même le grand Leinster à l’époque, ils avaient du mal contre Toulouse. Montpellier s’y met un peu, La Rochelle le fait un peu en fin de saison. Mais à Toulouse, ils font tous cela depuis les U10. »
L’ancien Toulousain insiste sur l’ancrage profond de cette culture dès le plus jeune âge : « Quand je suis parti dans d’autres équipes, j’ai perdu ce truc de jouer debout. Tu t’entraînes à libérer le ballon, faire ton rucks, que ce soit propre… Mais à Toulouse, c’est interdiction de passer par le sol. Ce truc, c’est très dur à défendre. Mais Toulouse cultive cela à mort. »
Pour Fickou, limiter le Stade Toulousain à son seul jeu offensif serait une erreur : « On dit que Toulouse c’est beaucoup l’offensive, mais c’est aussi une grosse conquête, des ballons portés, une grosse défense. Ils sont ultra complets. C’est un exemple à suivre. »
Face à cette qualité d’effectif, la force brute ne suffit plus : « Contre Toulouse, tu as beau être très puissant, mais face à Mauvaka, Meafou et Marchand, ces joueurs ne s’échappent pas. La mobilité et la vitesse priment sur la puissance car les mecs ne s’enlèvent pas en face. » Une leçon tactique que le reste du Top 14 observe avec attention.







