
Très marqué après la défaite de Montpellier face au Stade Toulousain en finale du Top 14 (28-20), Joan Caudullo n’a pas caché son immense frustration.
Convaincu que son équipe avait les moyens de décrocher le Bouclier de Brennus, le manager héraultais estime que le MHR est passé à côté de son rendez-vous uniquement par manque de réalisme dans les zones de marque.
« Si on maîtrise ça, on est champions de France »
Le technicien montpelliérain estime via La Dépêche que la domination de son équipe aurait dû être récompensée.
« Oui, quand on domine et qu’on ne gagne pas un match, c’est toujours compliqué. Malheureusement, on a la possession, l’occupation. On fait moins de fautes que l’adversaire, donc ce genre de match, tu dois le gagner et on manque de maîtrise proche des lignes adverses. Il faudra que j’aie un petit peu de recul. Je regarderai la vidéo tranquillement. Mais je trouve qu’on a manqué de précision proche des lignes, ce qui était un de nos points forts sur la saison et qui ne l’a pas été sur la demie contre le Stade Français et contre Toulouse. Et face à Toulouse, si on n’est pas précis là-dessus, ça ne suffit pas, tout simplement. Mais je suis malheureux parce que si on maîtrise ça, on doit être champion de France ce soir. »
Malgré la déception, Joan Caudullo tient à saluer le parcours de son groupe tout en regrettant une occasion qui ne se représentera peut-être pas de sitôt.
« C’est ça qui est malheureux. Et je suis fier de la saison qu’ont faite les joueurs. J’ai juste une énorme frustration parce que le score aurait dû être autre si on avait fait ce qu’il fallait. Malheureusement, on aurait gagné ce match. On sait les efforts qu’il faut pour arriver jusqu’au Stade de France. Et là, je pense à repartir à zéro et à me battre face à treize autres équipes pour retourner ici. Alors qu’il y avait vraiment moyen, avec ce qu’on a fait, de gagner ce match. »
« On ne s’attendait pas à prendre une branlée »
Le manager montpelliérain refuse l’idée selon laquelle son équipe aurait simplement limité la casse face au grand favori.
« Non, parce que nous, on ne s’attendait pas à prendre une branlée. On était déterminés à ce qu’on gagne ce match et je pense qu’on l’a montré aujourd’hui. Je ne pense pas que Toulouse nous ait été supérieur autant que ce que pensaient les gens. Après, on croyait en nous et je pense qu’on l’a montré aujourd’hui. »
Joan Caudullo estime toutefois que son équipe doit encore progresser dans certains domaines, notamment dans la maîtrise des rucks et l’interprétation de certaines situations arbitrales.
« Malheureusement, le manque de précision… Puis, il faut qu’on travaille énormément sur les règles. Il y a des choses qu’il faudra peut-être travailler plus avec les arbitres. Il y a une remise en question à avoir là-dessus. J’ai trouvé qu’on n’a pas été très bien arbitrés sur ce secteur-là. Ça ne veut pas dire que je ne remets pas en question l’arbitrage qui a été, je pense, bon. Mais je pense qu’il faut qu’on soit meilleurs là-dessus et qu’on bosse avec eux. Je trouve qu’eux (le Stade Toulousain) le font très, très bien. Ils arrivent à nous sortir des soutiens. Et ils le font très, très bien. Ce sont des choses qui ne se voient pas trop. Donc, il faut qu’on arrive à bosser sur ça, sur l’interprétation de la règle et arriver à être meilleurs là-dessus. Je suis quand même fier des joueurs et de ce qu’on a montré. Mais moi, je ne suis pas surpris de notre prestation et du fait qu’on a regardé Toulouse de la première à la 80e. »
« On ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes »
Pour Joan Caudullo, le réalisme a clairement fait la différence entre les deux équipes.
« Non, c’est notre marque de fabrique. Quand en première mi-temps, tu fais moins de fautes que l’adversaire, tu as la possession, l’occupation et que tu es derrière au score de quinze points, tu te dis que c’est possible de renverser le score. Après, on est tombé sur une équipe qui a l’habitude de ces matchs-là, et nous, peut-être un peu moins l’habitude, on l’a vu. Nos stats sur l’ensemble de la saison proche des lignes, elles sont très bonnes. On fait partie des meilleures équipes en Top 14. Et sur la demie et sur la finale, on était en difficulté là-dessus. »
Le manager regrette plusieurs choix stratégiques qui ont coûté très cher au MHR.
« Je l’explique qu’on joue trois pénalités à la main, je crois, et on fait mal les choses stratégiquement, alors qu’ils ont un carton jaune et qu’il faut qu’on aille chercher la zone de Lebel. Justement, on leur annonce et malheureusement, on perd ce ballon. Ce qui est malheureux, c’est qu’on ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes aujourd’hui. Et c’est ça qui est malheureux. Mais je le répète, les gens pensaient qu’on allait peut-être ramasser, si je puis dire. Nous, on avait beaucoup de certitudes, donc c’est pour ça qu’on est très déçus. On est très déçus parce qu’on ne s’attendait pas à prendre une branlée, nous. Nous, on était déterminés à gagner et on savait qu’on était en capacité de pouvoir le faire, même face à cette grande équipe. »
« C’est tellement dur d’arriver ici »
La coupure provoquée par l’orage n’a jamais entamé les espoirs montpelliérains.
« On leur a dit, enfin, je leur ai dit parce que j’étais un peu tout seul, mes collègues étaient en haut, mais je leur ai dit qu’il nous restait vingt minutes et que c’était toujours possible. L’avantage de cette coupure, c’est qu’on a pu coacher un poil plus tard. Ce que j’ai aimé, c’est qu’on n’a pas lâché et qu’on est allés au bout du bout. Mais malheureusement, quand tu rentres autant dans les 22 mètres et que tu ne marques pas, c’est difficile et on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes. Je pense qu’on joue contre n’importe quelle équipe, c’est le même résultat. »
Même si cette finale servira d’expérience à un groupe encore jeune dans son projet, Joan Caudullo mesure la difficulté de revenir au Stade de France.
« Non, il me tarde de partir en vacances et d’analyser ce match. Vraiment, j’ai envie de le regarder parce que j’ai envie de faire mieux. Mais je trouve que c’est tellement dur de venir ici que, pour nous Montpellier, peut-être pas pour Toulouse, mais c’est tellement dur de venir ici que perdre aujourd’hui, c’est une grosse déception. »
Le manager conclut néanmoins sur une note d’espoir en rappelant la progression fulgurante de son équipe.
« Oui, c’est un apprentissage, c’est ce que je veux dire aux joueurs. On est dans notre deuxième année du projet. Je pense qu’arriver où on est arrivés, peu d’équipes y sont arrivées. Même Toulouse a mis quatre ans pour revenir au haut niveau et être champion. Pau a un projet, ça fait cinq années et ils n’ont pas encore fait de finale. Et nous, lors de notre deuxième année, on est déjà en haut et il faut qu’on arrive à y rester maintenant. On a fait un bon recrutement pour l’année prochaine, mais on n’a pas l’habitude de reprendre plus tard que les autres. Donc, on va voir comment ça se passe. En tout cas, pour l’instant, je n’ai pas hâte de penser à l’année prochaine. »







