
Au-delà des procédures disciplinaires qui vise le Stade Toulousain, le président de la Ligue Nationale de Rugby, Yann Roubert a également été interrogé sur les critiques formulées ces derniers mois par Didier Lacroix à propos du salary cap. Le président du Stade Toulousain réclame une évolution du dispositif, notamment sur la question du droit à l’image individuelle des joueurs.
Pour Yann Roubert, il est parfaitement normal qu’un règlement évolue avec son époque. Mais ces évolutions doivent être discutées collectivement et ne peuvent pas être décidées sous la pression d’un seul club.
Lors d’un entretien accordé à Midi Olympique, il assure accueillir favorablement les propositions formulées par Toulouse.
« Dans la mesure où un règlement est un dispositif vivant, donc soumis à l’évolution, je comprends parfaitement qu’il puisse y avoir des suggestions formulées par des clubs, par des syndicats. Le Stade toulousain n’est pas le seul. D’autres clubs ont évidemment des points de vue. C’est vrai pour Provale aussi, qui fait des propositions. Notre principe, c’est que, dès lors qu’il s’agit de propositions, nous les examinons avec attention, puis nous les traitons dans un cadre collectif et transparent, conformément à nos règles de gouvernance. »
Mais Yann Roubert rappelle aussitôt que ces éventuelles évolutions devront toujours répondre au même objectif.
Selon lui, le salary cap doit continuer à protéger le Top 14.
« Toute évolution doit répondre à une même ambition : renforcer l’attractivité du championnat tout en confortant son équilibre et sa pérennité. »
Le président de la Ligue en profite également pour adresser un message à Didier Lacroix. S’il apprécie désormais de voir le patron du Stade Toulousain formuler des propositions, il rappelle que celui-ci avait adopté une position beaucoup plus radicale il y a quelques mois.
Il établit une distinction très nette entre les deux démarches.
« Je préfère que Didier soit une force de propositions, comme il l’a fait récemment, plutôt que sa demande d’abrogation qu’il avait formulée il y a quelques mois. Là, c’était différent, puisqu’il s’agissait de supprimer certains chapitres de nos règlements et de rendre, pour le coup, le dispositif du salary cap inopérant. »
Le Conseil d’État, les 5 millions d’euros… Roubert assume la fermeté de la Ligue
Ces derniers mois, le Stade Toulousain avait également laissé planer la menace d’un recours devant le Conseil d’État afin de contester certains aspects du règlement sur le salary cap.
Une éventualité qui ne semble pas inquiéter particulièrement Yann Roubert.
Le président de la LNR assure que la Ligue défendra ses règlements jusqu’au bout si cela devenait nécessaire.
« C’est déjà arrivé par le passé et si jamais un club nous amenait à nouveau devant le Conseil d’État, évidemment que la Ligue défendrait ses règlements. Encore une fois, ils sont faits par les clubs et pour les clubs. Donc, si une telle éventualité devait arriver à nouveau, bien sûr que la Ligue défendrait ses règles. »
Pour autant, Yann Roubert ne croit pas à une véritable guerre entre la Ligue et le Stade Toulousain. Bien au contraire.
Il affirme que les échanges avec Didier Lacroix restent constructifs.
« J’ose espérer qu’on n’en arrivera pas là. On en parle très sereinement avec Didier Lacroix. Je crois sincèrement que le Stade toulousain n’a pas la volonté d’en arriver au Conseil d’État. Pour une première raison, simple : le Stade toulousain est favorable au salary cap en lui-même. »
Enfin, le président de la Ligue a été interrogé sur la sanction potentielle qui pourrait frapper le Stade Toulousain dans les dossiers actuellement examinés par la commission de discipline. Plusieurs informations évoquent une amende pouvant atteindre cinq millions d’euros.
S’il refuse naturellement d’anticiper une décision qui ne lui appartient pas, Yann Roubert rappelle que la procédure suit son cours.
Il insiste sur l’indépendance totale de la commission de discipline.
« Ce sont des choses que l’on « intuite », que l’on imagine. Moi, je ne rentre pas dans le détail de ces procédures : c’est la commission de discipline indépendante qui pourra trancher. Elle rendra sa décision. »
Pour autant, il reconnaît que ce montant correspond bien au plafond prévu par les règlements.
Il explique comment la sanction sera déterminée.
« Cela paraît logique, non ? Le contrôleur du salary cap a fait ses diligences, il est revenu avec son rapport. La commission tranchera, selon un barème. »
Puis il confirme :
« En gros, oui. Je pense que c’est le maximum potentiel. C’est à la commission de discipline, qui est évidemment indépendante, de graduer la sanction s’il doit y avoir sanction. S’il y a eu manquement, et le cas échéant, qu’est-ce que cela mérite ? Elle rendra bientôt sa décision. »
Le verdict est attendu le 7 juillet. Une décision particulièrement attendue qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire récente du salary cap en Top 14.
En attendant, Yann Roubert campe sur une ligne de conduite qu’il répète tout au long de son entretien : reconnaître sans réserve les immenses performances sportives du Stade Toulousain, tout en rappelant qu’aucun champion ne peut être placé au-dessus des règles communes qui régissent le rugby professionnel français.






