
Le XV de France est passé tout près d’un immense exploit en s’inclinant de seulement deux petits points face à la Nouvelle-Zélande (34-32). Si les Bleus repartent frustrés de Christchurch, ils peuvent aussi être fiers d’avoir livré une bataille de très haut niveau face aux All Blacks.
Au-delà du scénario haletant, une statistique illustre parfaitement l’intensité exceptionnelle de cette rencontre. Elle permet de comprendre pourquoi les joueurs de Fabien Galthié ont terminé totalement épuisés.
Une intensité rarement vue au niveau international
Les All Blacks ont imposé un rythme infernal pendant une grande partie de la rencontre. Les Français ont pourtant répondu présent, refusant de céder malgré plusieurs temps faibles.
Le talonneur Maxime Lamothe est revenu sur cette bataille physique.
Le joueur de l’Union Bordeaux-Bègles a salué l’état d’esprit du groupe :
« On a quand même livré une belle bataille pendant 80 minutes. On savait que si on était dans la partie jusqu’aux 15 dernières minutes, ça pouvait basculer en notre faveur. On y était. Maintenant, on voit qu’à ce niveau, il nous manque quelques petits détails qui font qu’on n’arrive pas à faire basculer le match en notre faveur. »
Même constat du côté du capitaine Maxime Lucu.
Le demi de mêlée a regretté ces petites erreurs qui coûtent très cher face aux meilleures équipes du monde :
« On l’a vu, on n’échoue qu’à deux points… C’est des petites erreurs qu’on a faites dans notre camp qui ont coûté très cher. Et contre ces équipes-là, qui sont l’une des meilleures au monde, ça a été compliqué. Ça se joue à ces petits détails-là, notamment en première mi-temps, et derrière au score, c’est toujours difficile contre les All Blacks. »
Une séquence de 4 minutes 26 qui résume tout
Une longue séquence analysée pendant la rencontre donne une idée de l’effort demandé aux deux équipes.
Pendant 4 minutes et 26 secondes, le ballon est resté quasiment sans interruption en jeu.
Cette action comprend :
- 30 phases de jeu
- 57 passes
- une passe toutes les 4,7 secondes
- une phase de jeu toutes les 8,9 secondes
- 2 minutes 24 de possession française
À ce niveau international, une telle intensité est exceptionnelle.
Maxime Lamothe a parfaitement décrit ce que ressentent les joueurs au cœur de ces séquences interminables.
Le talonneur français n’a pas caché la violence des efforts demandés :
« C’est dur. Après, on le sait, c’est une équipe qui envoie beaucoup de jeu, même dans leur camp, donc on était préparés à ça. Il y a des séquences, peut-être qu’on a un peu trop subi en défense, mais comme j’ai dit, on s’est envoyés. »
Puis il a résumé cette bataille physique avec une formule qui parle à tous :
« Je pense qu’il y a des séquences qui durent jusqu’à 3 minutes, il y en a beaucoup dans le match et je pense qu’il y en a pas mal qui sont plutôt satisfaisantes. On plaque, on se relève, on plaque, on se relève, on plaque, on se relève, on s’appuie, et puis voilà. »
Avant de reconnaître l’écart avec le très haut niveau mondial :
« On sent que le niveau est quand même largement au-dessus. On a des joueurs de niveau international en face, de classe mondiale. Ça se sent, les automatismes arrivent petit à petit. Tout n’est pas parfait ce soir, mais je pense qu’on verra la vidéo, il y a de belles satisfactions sur notre secteur défensif. »
Les Bleus n’ont jamais abandonné
Malgré les doublés de Cam Roigard et de Will Jordan, les Français ont répondu à chaque fois grâce notamment à Antoine Hastoy, Matthieu Jalibert, Fabien Brau-Boirie et Théo Attissogbe.
À quelques minutes de la fin, l’essai de Jalibert a même offert une véritable balle de match au XV de France.
Mais le dernier jeu au pied de pression de Nolann Le Garrec a finalement été parfaitement négocié par les All Blacks, qui ont sécurisé leur première victoire sous les ordres de Dave Rennie.
Malgré la défaite, Maxime Lucu retenait surtout la combativité affichée par son équipe.
Le capitaine des Bleus a tenu à mettre en avant la solidarité du groupe :
« On a la fierté de regarder les mecs à la fin, de plaquer, de contre-rucker, de s’accrocher sur chaque phase de combat, ce qu’on avait demandé. D’aller chercher un point de bonus, même deux à la fin, alors qu’on aurait pu s’effondrer avec neuf points d’écart. Non, franchement, fier de cette équipe-là aussi. Mais forcément, quand tu joues au rugby, t’as envie de gagner, et on était venus pour ça en tout cas. »







