
Aujourd’hui, Emmanuel Meafou est l’un des joueurs les plus dominants de la planète rugby. Cadre du Stade Toulousain et du XV de France, le deuxième ligne s’apprête à retrouver Brisbane, la ville où il a grandi. L’occasion pour lui de revenir sur une période bien différente de sa vie, lorsqu’il tentait désespérément de devenir rugbyman professionnel tout en travaillant dans le bâtiment.
Avant de connaître les pelouses du Top 14, le Franco-Australien passait en effet ses journées… sur des chantiers.
Des journées interminables entre travail et rugby
À Sydney, Emmanuel Meafou exerçait le métier de monteur d’échafaudages tout en poursuivant son rêve de devenir joueur professionnel.
Le deuxième ligne raconte dans les colonnes de L’équipe le rythme infernal qu’il s’imposait au quotidien.
« Je me levais à 6 heures du matin pour être sur le chantier à 6 h 30. C’était un boulot classique : je travaillais de 7 heures à midi, puis de midi à 17 heures. Ensuite, je partais directement à l’entraînement, de 18 à 20 heures, avant de rentrer chez moi pour me reposer. Et ça recommençait le lendemain. »
Un quotidien éprouvant, mais qu’il acceptait sans jamais perdre de vue son objectif.
La NFL lui a tendu les bras
À une époque où son avenir dans le rugby semblait compromis, Emmanuel Meafou a même reçu une proposition inattendue.
Son profil physique avait retenu l’attention du programme international de la NFL.
Le Toulousain raconte comment il s’est retrouvé à passer des essais pour le football américain.
« La NFL a un programme international, avec des tests organisés à Gold Coast. Ils recherchaient des profils physiques bien précis. J’étais grand, costaud, puissant, et ils ont demandé à mon agent si j’étais intéressé. »
À sa grande surprise, il franchit plusieurs étapes de la sélection.
« À l’époque, j’étais à Sydney et j’ai d’abord vu ça comme un moyen de faire un aller-retour gratuit à la maison et d’aller voir ma famille. J’ai passé les essais, ils ont retenu cinq personnes, j’en faisais partie. »
Son rêve restait le rugby
Malgré cette opportunité de rejoindre les États-Unis, Emmanuel Meafou n’a jamais vraiment envisagé de changer de sport.
Sa priorité est toujours restée le ballon ovale.
Le futur international français n’a jamais perdu de vue son objectif.
« Mon agent avait aussi envoyé des vidéos à des clubs en France. Au fond de moi, ma passion, c’était le rugby ; mon rêve, d’en faire mon métier. Donc j’ai gardé cet espoir. »
Cet espoir sera finalement récompensé lorsque son agent prendra contact avec plusieurs clubs français. Parmi eux, le Stade Toulousain sera le premier à croire en son potentiel.
Quelques années plus tard, Emmanuel Meafou est devenu l’un des meilleurs deuxièmes lignes d’Europe. Un destin que rien ne laissait pourtant imaginer lorsqu’il passait ses journées à monter des échafaudages en Australie.







