
Réunis à Loudenvielle pour leur traditionnel stage de présaison, les arbitres de Top 14 et de Pro D2 ont découvert le nouveau fonctionnement de l’arbitrage vidéo qui sera progressivement déployé cette saison. Une évolution portée par la cellule haute performance dirigée par Mathieu Raynal, avec un objectif clair : rendre les décisions plus rapides, plus lisibles et plus efficaces.
Cette réforme ne concerne pas uniquement les arbitres. Les staffs des clubs de Top 14 et de Pro D2, les représentants de la DTN, de la Fédération, de la Ligue ainsi que les syndicats de joueurs ont également participé aux échanges afin que l’ensemble des acteurs avance dans la même direction.
Fabien Galthié alerte sur le nombre de sanctions en mêlée
Présent durant le stage, Fabien Galthié est venu rappeler pourquoi certaines phases de jeu devaient évoluer.
Le sélectionneur du XV de France s’est notamment appuyé sur les statistiques concernant la mêlée.
En moyenne, près d’une introduction sur deux débouche aujourd’hui sur une sanction. En Australie, ce taux grimpe même à 73 %. Un constat qui pousse les équipes à rechercher davantage la pénalité que la continuité du jeu.
Mathieu Raynal résume le problème : si un tel taux de sanctions existait dans les rucks, les arbitres distribueraient près de 90 pénalités par rencontre.
Une nouvelle philosophie pour l’arbitrage vidéo
Durant toute la semaine, les arbitres ont travaillé à partir d’images fournies par le diffuseur Canal+, reproduisant des situations réelles afin de tester les nouveaux protocoles.
L’une des principales évolutions concerne la manière dont les décisions vidéo seront prises.
Désormais, l’appel pourra être initié aussi bien par l’arbitre central que par le TMO. Trois issues seront alors possibles : laisser le jeu se poursuivre, confirmer la décision de l’arbitre de champ ou valider celle proposée par le TMO.
Via Midi Olympique, Mathieu Raynal explique la philosophie de cette évolution.
« L’idée, c’est de gagner du temps et d’être le plus simple possible. (…) On reste dans les processus que tout le monde connaissait. Simplement, on prend le pari qu’avec le temps et l’usage, on en fera moins et on sera plus efficaces. Et puis, il faut aussi que les gens dans leur canapé comprennent mieux comment ça se passe. »
Fin du double écran et décisions beaucoup plus rapides
Le changement le plus visible concernera le fonctionnement même du TMO.
Jusqu’à présent, l’arbitre vidéo disposait d’un écran indépendant et pouvait consulter différents ralentis avant d’intervenir.
Dorénavant, arbitre central et arbitre vidéo travailleront sur les mêmes images au même moment. L’objectif est d’identifier immédiatement les séquences pertinentes sans multiplier les ralentis ni interrompre inutilement le jeu.
Mathieu Raynal insiste sur cette évolution.
« Jusqu’à présent le TMO avait un écran du match en live et un autre en différé de dix secondes (…) Pour vérifier quelque chose il était obligé de faire appel à la vidéo. Désormais, il pourra directement délivrer les images les plus pertinentes à afficher au grand écran du stade, le temps que son collègue de champ y arrive. Avant, on ne pouvait pas trier les angles, il en fallait deux ou trois qui ne permettaient pas forcément de décider. Là, on peut présenter ceux qui permettent de décider. »
Une préparation commune avec les clubs
Cette réforme ne s’arrête pas au jour du match.
Les arbitres disposeront désormais d’un nouvel outil d’analyse, Perf’Arbitres, alimenté par les données de la LNR et de World Rugby. Ils pourront préparer chaque rencontre à partir de séquences ciblées, notamment sur les rucks, les mêlées ou les habitudes des équipes.
Des groupes de discussion réunissant arbitres et spécialistes des clubs seront également mis en place avant les rencontres afin d’échanger sur les attentes de chacun.
L’ancien arbitre international Nicolas Delpierre rappelle toutefois que certaines limites demeurent.
Il précise notamment que le protocole World Rugby ne permettra pas d’intervenir sur toutes les situations.
« On reste dans le cadre précis de protocole pour l’arbitrage vidéo fourni par World Rugby, ce qui veut dire qu’on ne reviendra pas sur une entrée latérale dans un ruck. »
En parallèle, la cellule arbitrale s’appuiera également sur un logiciel présenté comme l’un des plus performants au monde pour analyser automatiquement certaines phases de jeu, notamment les rucks défensifs.
L’ambition est claire : fluidifier les rencontres, harmoniser les décisions et permettre à l’arbitrage français de franchir un nouveau cap afin de se rapprocher des meilleures références internationales.








il serait important aussi que les simulations soit sanctionnées d’un carton jaune avant que cette façon de faire se propage