
L’idée n’est plus un simple fantasme. Un mois après avoir évoqué publiquement le sujet, le président François Rivière confirme que l’USAP travaille activement sur une nouvelle délocalisation d’un match de Top 14 à Barcelone.
Reste désormais à déterminer si toutes les conditions seront réunies pour transformer ce projet en réalité.
Un choix stratégique bien plus qu’un simple changement de stade
Si le club catalan regarde vers Barcelone, ce n’est pas uniquement pour proposer un événement spectaculaire.
L’objectif est également économique.
Avec une capacité comprise entre 14 000 et 15 000 places, Aimé-Giral affiche régulièrement complet. Organiser une rencontre au RCDE Stadium, qui peut accueillir 38 520 spectateurs, permettrait d’augmenter considérablement les recettes de billetterie, tout en offrant davantage d’espaces destinés aux partenaires et aux hospitalités.
Le club souhaite également renforcer son implantation en Catalogne du Sud, une région avec laquelle il partage une histoire, une culture et une identité communes.
Le contexte sportif sera déterminant
Pour autant, la décision n’est pas encore prise.
Deux dates restent actuellement envisagées : la réception de La Rochelle, le 27 mars 2027, ou celle du Stade Toulousain, le 5 juin 2027, cette dernière semblant aujourd’hui tenir la corde.
François Rivière reste toutefois prudent.
Il explique :
« On étudie, d’une manière un peu plus précise, l’idée d’une délocalisation à Barcelone. C’est dans les tuyaux. Cela pose surtout problème au niveau sportif : il faut trouver le moment opportun, le bon adversaire… »
Avant d’ajouter :
« Le match contre Toulouse semble marcher. »
Le président précise qu’une décision devra être prise avant Noël afin de laisser plusieurs mois d’organisation aux équipes du club.
Barcelone, une histoire qui ne date pas d’hier
Ce projet s’inscrit dans une relation ancienne entre l’USAP et Barcelone.
Le club a déjà disputé trois rencontres dans la capitale catalane, toutes au stade de Montjuïc.
La plus marquante reste le quart de finale de H Cup remporté contre Toulon en 2011 devant près de 55 000 spectateurs, l’une des plus grandes affluences de l’histoire récente du club.
L’USAP avait ensuite accueilli Toulouse en 2012, puis retrouvé Toulon en 2014, lors d’un match qui avait largement compromis ses chances de maintien en Top 14.
Cette fois, la rencontre ne se déroulerait plus à Montjuïc mais au RCDE Stadium, enceinte jugée plus adaptée à ce type d’événement.
Une ambition qui dépasse largement un simple match
Depuis longtemps, l’USAP considère Barcelone comme une extension naturelle de son territoire.
Cette volonté s’était même traduite, au début des années 2000, par un projet inédit.
En 2004, le club avait proposé au FC Barcelone d’entrer à hauteur de 25 % dans son capital.
Le projet n’avait finalement jamais abouti, même si des rapprochements avaient ensuite été réalisés lors de l’organisation du quart de finale européen de 2011 afin de profiter de la puissance de la marque Barça.
Aujourd’hui, l’idée reste la même : développer le rayonnement du club de part et d’autre de la frontière.
Rien ne sera décidé avant les premiers résultats
L’USAP ne prendra toutefois aucun risque si le contexte sportif ne s’y prête pas.
Les dirigeants gardent en mémoire l’expérience de 2014, disputée dans une période où le club luttait pour son maintien.
Laurent Labit souhaite d’abord installer durablement Perpignan dans la première partie du classement.
Le technicien explique :
« Le premier des objectifs est de stabiliser l’USAP dans les dix premiers du Top 14 sur les saisons qui arrivent. »
Même prudence chez François Rivière.
Le président affirme :
« On va essayer de démarrer sur de meilleures bases, pour ne pas encore se retrouver à poursuivre notre ombre. »
Les premières journées du championnat permettront donc de savoir si les conditions sportives sont réunies pour que Barcelone accueille, près de treize ans après la dernière expérience, une nouvelle affiche de l’USAP.







