
La Section Paloise compte désormais une forte représentation argentine au sein de son effectif professionnel. Après les arrivées de Julian Montoya et Facundo Isa la saison dernière, Santiago Grondona et Gonzalo Garcia ont rejoint le Béarn cet été. Sans oublier Carlos Muzzio, promu entraîneur de la mêlée.
De quoi laisser penser que Pau a développé une véritable filière argentine. Une idée que Sébastien Piqueronies balaie pourtant, tout en assumant pleinement les valeurs que ces joueurs apportent au club.
Piqueronies dément l’existence d’une filière argentine
Le manager palois assure que ces recrutements ne répondent pas à une stratégie ciblée sur une nationalité.
Selon lui, chaque arrivée est avant tout liée à une opportunité sportive.
Il explique via L’équipe :
« J’adore ce pays, cette culture et cette langue. Mais il s’agit d’opportunités dissociées les unes des autres. On ne cherchait pas des Argentins mais des joueurs de très haut niveau et expérimentés. »
L’arrivée de Julian Montoya, capitaine des Pumas, et celle de Facundo Isa après huit saisons au Rugby Club Toulonnais ont rapidement permis au paquet d’avants palois de franchir un cap.
Piqueronies estime d’ailleurs :
« Leurs venues, ainsi que celle de Thomas Laclayat, nous ont clairement permis de grandir et nous ont fait passer un step dans la légitimité de notre paquet d’avants. »
Deux nouvelles opportunités saisies cet été
Le recrutement de Santiago Grondona s’est présenté lorsque Bristol a ouvert la porte à son départ.
Déjà passé par Pau en tant que joker médical en 2023, le troisième ligne avait laissé un excellent souvenir au staff, qui avait conservé le contact depuis cette première expérience.
Concernant Gonzalo Garcia, son arrivée est intervenue après la décision de Dan Robson de rentrer en Angleterre.
Facundo Isa assure d’ailleurs que les joueurs argentins déjà présents n’ont joué aucun rôle dans ces recrutements.
Le troisième ligne précise :
« Ils nous ont contactés, mais une fois que c’était fait. Julian et moi, on n’a joué aucun rôle pour les convaincre. »
Carlos Muzzio souligne l’impact de Montoya et Isa
Promu entraîneur de la mêlée cette saison, Carlos Muzzio connaît parfaitement la valeur de ses compatriotes.
Pour lui, leur influence dépasse largement leurs performances sur le terrain.
Il confie :
« Un gars comme « Facu », c’est une expérience, une connaissance du Top 14 incroyable. Quant à Julian, c’est le capitaine des Pumas, c’est le patron. Forcément que leur présence a un effet sur le recrutement futur, comme un signal de l’ambition du club. La saison dernière, j’emmenais mes jeunes joueurs sur le bord du terrain d’entraînement et je leur demandais de regarder. « Facu » et Julian ne font rien d’extraordinaire mais ils font tout à fond. Des exemples. »
Un état d’esprit qui correspond à l’identité paloise
Au-delà du niveau sportif, Sébastien Piqueronies estime que les internationaux argentins incarnent parfaitement les valeurs que souhaite développer la Section Paloise.
Le manager explique :
« On se veut un club identitaire. Cette petite colonie argentine nous amène un état d’esprit. Ce sont traditionnellement des joueurs très engagés, avec un énorme attachement à leur patrie, une énorme fierté, ce qui fait qu’ils mettent énormément d’émotion dans leurs attitudes et dans leurs comportements. C’est parfois un point fort, c’est parfois un point faible. »
Isa et Muzzio évoquent les clichés autour des Argentins
Interrogés sur les tensions qui existent parfois entre Français et Argentins, notamment depuis la finale de la Coupe du monde de football 2022, Facundo Isa et Carlos Muzzio regrettent certains amalgames.
Le troisième ligne compare même cette relation à celle d’un couple.
Isa explique :
« Comme un couple qui se dispute. »
Carlos Muzzio reconnaît que certains comportements de ses compatriotes l’ont parfois dérangé, tout en refusant les généralisations.
Il conclut :
« Il y a toujours eu des excès de langage, on est excessifs dans la culture argentine. C’est le temps du match mais ça peut être mal interprété. On nous apprend un rugby de combat, à ne jamais rien lâcher mais toujours dans le respect. Ça fait mal d’entendre que certains mettent tous les Argentins dans le même panier. Quand je suis arrivé en France, j’entendais que les Français sont des râleurs. J’en connais beaucoup qui ne le sont pas mais les clichés ont la vie dure quand les cultures ne prennent pas le temps de se connaître. »







