
Les départs de Thomas Ramos et François Cros pourraient-ils marquer la fin d’une époque au Stade Toulousain ? Frédéric Weis le pense.
Pour le journaliste de RMC Sport, la formation toulousaine permettra au club de continuer à alimenter son effectif en très bons joueurs, mais elle ne garantit pas de remplacer des cadres qu’il considère quasiment comme des légendes. Le Salary Cap pourrait surtout progressivement redistribuer les talents à travers le Top 14.
Ramos et Cros ne seraient alors que les premiers exemples d’un phénomène susceptible de prendre de l’ampleur dans les prochaines saisons.
« Les jeunes ne sont pas des Galactiques »
Toulouse dispose d’un réservoir considérable et continue de faire émerger de nouveaux talents. Mais Weis refuse de considérer que ces jeunes joueurs pourront automatiquement remplacer des éléments ayant acquis un statut particulier.
Pour lui, le départ de plusieurs cadres historiques signifie bien la fin d’une génération de « Galactiques ».
« J’entends que des jeunes arrivent, mais les jeunes ne sont pas des galactiques. Ca peut être de très bons joueurs de rugby, mais quand on dit galactiques, ce sont des légendes quasiment. Des légendes qui vont partir, pour moi c’est la fin de ces galactiques. C’est difficile de déterminer à quel moment on devient galactique, mais on se rend compte qu’avec le salary cap, ça devient une vraie problématique. »
Cette contrainte financière pourrait néanmoins avoir un effet positif pour l’ensemble du championnat en permettant une meilleure répartition des meilleurs joueurs.
Weis estime notamment que la politique salariale toulousaine avec ses trentenaires va offrir des opportunités aux autres clubs.
« Cela permet d’équilibrer le championnat et ça s’opère. Beaucoup d’équipes veulent recruter des stars et dès que tu passes la trentaine à Toulous, on te négocie à la baisse. Mais ces garçons veulent gagner de l’argent donc le talent va se diluer et on va avoir de plus en plus d’excellents joueurs dans tout le championnat et c’est bénéfique pour l’ensemble du championnat. Mais cela ne se pas bénéfique pour Toulouse qui va perdre ses plus grandes stars. »
« À force, tu vas perdre des talents »
Le Stade Toulousain possède toutefois une arme considérable pour amortir ces départs : sa formation.
Frédéric Weis reconnaît que cette capacité à renouveler l’effectif permettra probablement à Toulouse de résister beaucoup plus longtemps qu’un club ordinaire confronté à une telle fuite de talents.
Mais il prévient que même le modèle toulousain possède ses limites.
« Ils ont une superbe formation et ça va donc durer plus longtemps que l’équipe lambda qui aurait eu ce même problème. Mais longtemps, ça ne veut pas dire tout le temps. A partir du moment où tu en perds un puis un deuxième puis que d’autres clubs vont se positionner sur d’autres joueurs car ils ont l’argent et de la marge dans le salary cap, à force tu vas perdre des talents. Il y a 13 autres équipes qui veulent recruter. »
La concurrence pourrait ainsi profiter progressivement des contraintes financières toulousaines pour attirer certains joueurs que le club ne sera plus capable, ou ne souhaitera plus, conserver à n’importe quel prix.
600 000 euros de moins pour Toulouse
Enfin, Frédéric Weis pointe un autre élément financier susceptible de peser sur le modèle du Stade Toulousain : l’évolution du dispositif lié à la présence de nombreux internationaux français dans son effectif.
Selon lui, la différence représente plusieurs centaines de milliers d’euros et pourrait peser à moyen terme.
« Il faut aussi dire que quand Toulouse envoie ses joueurs en équipe de France, Toulouse gagne deux millions d’euros. Sauf que maintenant, avec le même quota, tu gagnes 600 000 euros de moins et c’est énorme ! Donc le Salary Cap peut changer la donne à moyen terme. »
Pour Frédéric Weis, le Stade Toulousain possède donc encore de sérieux arguments pour rester au sommet, notamment grâce à son exceptionnelle formation. Mais la combinaison des départs de ses Galactiques, de l’appétit financier des treize autres clubs et de l’évolution du Salary Cap pourrait progressivement réduire l’avantage dont dispose Toulouse.







