
Clermont s’apprête à disposer d’un nouvel outil majeur pour structurer l’ensemble de son rugby. La future Cité du rugby devrait être achevée entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre.
Pourtant, Christophe Urios ne compte absolument pas précipiter le déménagement de son groupe professionnel : ses joueurs ne devraient investir les lieux qu’en février.
Ce décalage est directement souhaité par le manager de l’ASM. Alors que le nouveau bâtiment doit réunir à terme les différentes composantes du rugby clermontois, Urios préfère protéger le fonctionnement de son équipe en pleine saison.
« Personnellement, je peux entraîner sur la Lune »
Surtout, le technicien ne considère pas les infrastructures comme un élément déterminant de son travail ou de son avenir à Clermont.
Son expérience à Oyonnax lui a manifestement appris à fonctionner avec beaucoup moins.
Urios relativise ainsi fortement l’importance personnelle qu’il accorde au futur bâtiment. Il s’est confié pour La Montagne :
« Personnellement, je peux entraîner sur la Lune. À Oyonnax, on faisait les séances de musculation dans une salle à manger. Donc pour moi cela relève plus de l’accessoire. Je ne suis pas un matérialiste. »
Cela ne l’empêche absolument pas de mesurer l’importance du projet pour l’ASM. La Cité du rugby doit notamment accompagner « One ASM », avec l’ambition de rapprocher les différentes équipes et de renforcer l’identité commune du club.
Et sur ce point, Urios se montre particulièrement enthousiaste :
« Après, la cité du rugby arrive à point nommé sur un projet qui s’appelle One ASM. Sur la culture et l’identité du club, c’est aux petits oignons. C’est un superbe outil que personne n’aura, mais ce n’est pas mon moteur. »
Pourquoi Urios veut attendre février
Le principal sujet d’interrogation concerne finalement le calendrier.
Déménager en pleine saison signifie modifier les habitudes quotidiennes d’un groupe professionnel alors que le Top 14 battra son plein. Une perspective qui préoccupe davantage Urios que l’équipement lui-même.
Le manager clermontois reconnaît d’ailleurs avoir encore des doutes :
« Personnellement, ce n’est pas mon truc. À vrai dire, c’est plus quelque chose qui me préoccupe. On doit y aller au mois de février, en plein milieu de la saison et je ne sais pas encore si c’est une bonne chose pour nous. »
La direction de l’ASM partage cette prudence. Le président Jean-Claude Pats comprend la nécessité de préserver les routines d’une équipe soumise à l’enchaînement des rencontres.
Il ne veut surtout pas perturber une organisation construite au fil de la saison :
« Quand vous avez des matchs toutes les semaines, c’est une mécanique très bien huilée. Il ne faut pas qu’il y ait de petits grains de sable qui viennent perturber les routines existantes au sein de l’équipe. »
Les professionnels patienteront donc jusqu’à l’hiver. En revanche, les féminines, l’école de rugby et l’Académie pourraient prendre possession de la Cité du rugby plus tôt, avant que l’équipe de Christophe Urios ne les rejoigne en février.







