
Contraint de mettre un terme à sa carrière en septembre 2025, Paul Willemse raconte l’enchaînement de commotions cérébrales qui l’a progressivement privé de rugby. L’ancien deuxième ligne international a notamment vécu une inquiétante perte de connaissance.
Pendant une grande partie de sa carrière, le joueur aux 32 sélections n’avait jamais été victime d’une commotion. Il en a ensuite subi six en seulement deux ans, avec des conséquences de plus en plus importantes.
« Je ne me souvenais de rien »
Les deux premiers chocs n’avaient pas particulièrement inquiété Paul Willemse. La situation a totalement changé lors d’une rencontre de Challenge européen disputée avec Montpellier face à une formation anglaise.
Dans les colonnes du journal Le Parisien, le deuxième ligne raconte le moment où il a véritablement commencé à avoir peur :
« Je n’avais jamais eu de commotions cérébrales pendant ma carrière et puis j’en ai eu six en deux ans (la dernière en octobre 2024). Les deux premières, je n’y ai pas prêté attention, j’ai suivi le protocole. Mais à la troisième, c’était en Challenge européen à Montpellier contre une équipe anglaise, j’ai eu peur.
Sur un déblayage, j’ai pris la hanche d’un adversaire en pleine tête. J’ai perdu connaissance. J’étais comme dans un rêve. Et je me suis vraiment réveillé sur le banc de touche alors que le match se terminait. Je ne me souvenais de rien. Il pleuvait. Je sentais des gouttes d’eau dans ma main mais j’avais l’impression que c’était dans mon rêve. J’ai commencé à avoir peur. »
D’autres commotions sont ensuite survenues sur des plaquages. Avec le soutien de ses proches, le Montpelliérain a alors décidé d’observer une interruption de quatre mois. Dans l’incertitude, il a également recherché différentes solutions susceptibles d’améliorer son état.
Paul Willemse détaille les démarches entreprises durant cette période :
« J’ai subi d’autres commotions sur des plaquages. Là, j’ai décidé, avec mes proches, de m’arrêter quatre mois. J’étais dans le flou, je ne savais pas quoi faire. Je m’étais lancé dans des recherches pour voir ce qui pouvait améliorer la situation : les omega 3, la créatine, le magnésium… J’ai consulté le professeur David Brauge (neurochirurgien, président de la commission commotions cérébrales LNR/FFR). Il m’a dit de rentrer chez moi, de prendre du repos et de voir ensuite. Mais surtout, il a ajouté que si j’étais de nouveau commotionné dès mon premier match, le rugby serait fini pour moi. »
La rechute redoutée dès son retour
Malgré cet avertissement, l’ancien joueur du XV de France conservait l’espoir de poursuivre sa carrière. Mais en octobre 2024, contre le Stade Français, un contact sur la mâchoire l’a de nouveau fait s’effondrer.
Le scénario annoncé par le médecin s’est malheureusement produit :
« Oui. Je reprends et, sur un petit coup d’épaule sur la mâchoire que je n’aurais même pas senti avant, je m’effondre. J’avais été préparé mais je gardais un petit espoir. C’était en octobre (2024 contre le Stade Français). David Brauge m’a dit qu’il était désolé mais qu’il fallait me retirer ma licence, qu’il était clair qu’il y avait un problème. »
Paul Willemse savait que sa carrière approchait de son terme, mais il n’était pas préparé à devoir abandonner aussi brutalement. Cette décision médicale a fait naître de nombreuses inquiétudes sur son avenir personnel et familial.
L’ancien international dévoile les questions qui l’ont alors tourmenté :
« J’ai cogité. Je savais que ma fin de carrière approchait. Mais quand on y est confronté brutalement, c’est difficile. Je me demandais comment j’allais faire, ce que ma femme allait penser. Est-ce qu’il n’y avait pas de solution ? »
Des vertiges, des nausées et des nuits blanches
Aux interrogations se sont rapidement ajoutés des symptômes persistants. Paul Willemse souffrait notamment de vertiges, de nausées et de troubles importants du sommeil. Devenu père pour la cinquième fois, il ne parvenait plus à ignorer les risques liés à une éventuelle poursuite de sa carrière.
Il raconte les semaines qui ont précédé sa décision définitive :
« Oui, des vertiges, des nausées, des troubles du sommeil. Mais mon stress était aggravé par les questions que je me posais. Est-ce que je prenais un risque en continuant ? Je venais d’avoir mon cinquième enfant. La nuit, j’étais dans le lit et je n’arrivais pas à dormir. Je voyais le soleil se lever. Je ne savais pas si mes insomnies étaient liées à mes commotions ou à mon stress. J’ai pris la décision d’arrêter le rugby (en septembre 2025). »







