
Contraint d’abandonner le rugby en raison de commotions cérébrales répétées, Paul Willemse a traversé une profonde période de détresse. Quelques mois après sa retraite, l’ancien deuxième ligne du XV de France a sombré dans la dépression.
Habitué à évacuer son stress durant les matchs et à vivre des émotions intenses chaque week-end, le joueur aux 32 sélections s’est retrouvé face à un immense vide. Les projets professionnels auxquels il participait ne lui procuraient plus l’adrénaline qui avait rythmé toute sa vie.
« Il ne se passait rien dans ma vie »
Dans un premier temps, l’arrêt de sa carrière lui avait apporté une forme de soulagement. Mais huit mois plus tard, Paul Willemse ne trouvait toujours pas sa place dans son nouveau quotidien.
L’ancien joueur de Montpellier raconte dans les colonnes du Parisien cette période particulièrement sombre :
« Au début oui, puis j’ai connu une période difficile. Au bout de huit mois, j’étais perdu. J’avais toujours eu l’habitude de vivre beaucoup d’émotions chaque week-end. Je vidais mon stress dans les matchs. Et là, j’étais sur des projets au long cours, avec des hommes d’affaires que je ne comprenais pas, mais cela me semblait plat. Il n’y avait plus la même adrénaline. Il ne se passait rien dans ma vie. J’ai fait une dépression. »
Paul Willemse avait également perdu le sentiment d’être utile. Sur le terrain, il était celui qui avançait, chargeait et se plaçait en première ligne du combat. Une fois sa carrière terminée, il a eu le sentiment que plus personne n’avait besoin de lui.
Nîmes lui permet de retrouver un rôle
Le déclic est venu d’un ami, vice-président du club de Nîmes, qui lui a proposé de participer à l’encadrement de l’équipe de Fédérale 2. Cette expérience lui a permis de sortir de chez lui et de retrouver une utilité au sein d’un collectif.
L’ancien international ne se sent toutefois pas encore prêt à embrasser pleinement une carrière d’entraîneur. Il intervient désormais lors de séminaires en entreprise afin de partager son parcours et les épreuves qu’il a traversées.
Paul Willemse explique comment cette proposition l’a aidé à reprendre pied :
« C’est un ami, vice-président du club de Nîmes, qui m’a dit de venir aider à entraîner l’équipe de Fédérale 2. Je suis sorti de chez moi, je me suis senti utile. C’est ça que j’avais perdu alors qu’avant sur un terrain, j’étais un fonceur, le mec qui est devant, qui charge, qui n’a pas peur. Et là, plus personne n’avait besoin de moi. J’ai aimé l’expérience. Cela m’a fait du bien mais le coaching, c’est aussi un peu de la politique, et moi je raisonne encore comme un joueur.
Je ne suis pas prêt. Aujourd’hui, je participe à des séminaires pour des entreprises, je parle de mon expérience, de mon histoire qui n’est pas commune. Je pense que ça peut servir à d’autres, qu’on peut changer des choses. Des gens m’ont dit que ça les avait aidés. »







