Depuis son arrivée en Auvergne, Harry Plummer a été une véritable révélation. Moteur du jeu clermontois et maître à jouer de l’ASM, l’ouvreur néo-zélandais a immédiatement imprimé sa marque. Pourtant, après plusieurs mois à porter son équipe, il traverse aujourd’hui une phase plus difficile.
Son récent match à Londres face aux Saracens (47-10), malgré un essai personnel, a confirmé une baisse de régime déjà perceptible ces dernières semaines : « Plummer est un peu moins tranchant, un peu moins influent, un peu moins précis. »
### Un joueur indispensable… peut-être trop sollicité
La saison avait pourtant démarré sur les chapeaux de roues pour le Kiwi. Mais à force d’aligner les rencontres, le corps réclame son dû. Avec **800 minutes de jeu depuis septembre**, Plummer est le joueur le plus utilisé du groupe, loin devant Killian Tixeront et Léon Darricarrère. Un volume de jeu impressionnant qui interpelle même les spécialistes.
Via *La Montagne*, l’ex-ouvreur des Bleus Christophe Lamaison explique :
« On rentre dans cet éternel débat de l’enchaînement des compétitions. Forcément, on a envie de voir performer ce genre de joueur à chaque sortie, mais avec le cumul des matchs, c’est compliqué d’être à 100 % tout le temps. Mais comme il est devenu prépondérant dans le système de jeu de l’ASM, c’est difficile de le sortir. »
Cette dépendance a été flagrante lors de son unique absence, au déplacement à Bayonne, soldé par une lourde défaite. Dans ces conditions, difficile d’imaginer Christophe Urios se passer de son ouvreur titulaire, d’autant que son remplaçant désigné, Irae Simone, joue peu et dépanne souvent au centre.
### Les défenses ont appris à lire son jeu
Autre facteur : la très grande performance de Plummer a forcé les adversaires à parfaitement analyser son jeu. L’effet de surprise du début de saison s’est estompé.
Comme le souligne Lamaison :
« Dès l’instant où vous avez un joueur extrêmement performant depuis le début de la saison, il devient forcément une cible. Les équipes adverses ont commencé à l’étudier de plus près et il enchaîne les matchs, donc il n’y a plus l’effet de surprise. »
Le coach Christophe Urios avait déjà pointé ce défi après la défaite à Saracens :
« Ils ont mis beaucoup de pression sur Harry. On n’est pas parvenu à s’en dépêtrer. »
Le résultat se traduit par une maîtrise moindre dans le jeu et une réussite en baisse face aux perches.
### Un trou d’air… pas une remise en question
Rien n’est toutefois alarmant. Plummer a largement marqué le Top 14, et sa valeur est reconnue au sein du club. Son professionnalisme, sa volonté de progresser et son intégration rapide en Auvergne lui assurent un soutien sans faille.
Ce passage à vide apparaît davantage comme une phase normale dans une saison dense plutôt qu’un problème majeur.
L’ouvreur aura l’occasion de montrer qu’il est en mesure de rebondir dès samedi, au Michelin, contre Sale. À moins que Christophe Urios ne choisisse de le ménager avant un **triptyque décisif** en Top 14 : Perpignan, Montauban et la réception de l’UBB.
Reste une question cruciale : l’ASM peut-elle se permettre de laisser souffler son joueur le plus indispensable ?







