Le rugby britannique croyait tourner la page du plus grand scandale financier de son histoire. En 2019, les Saracens, club phare du rugby londonien, avaient été lourdement sanctionnés : un retrait historique de 35 points, une amende de 6 millions d’euros et une relégation automatique pour non-respect du plafond salarial.
Mais sept ans plus tard, de nouvelles révélations du Daily Telegraph viennent rebattre les cartes. Au centre de cette affaire, le cabinet Saffrey Champness, chargé d’une expertise déterminante pour Premier Rugby Ltd, l’instance ayant prononcé la sanction, se retrouve accusé d’un conflit d’intérêts majeur. En effet, le média britannique révèle que cette société de conseil travaillait simultanément comme commissaire aux comptes des Sale Sharks, un rival direct des Saracens.
Ce double rôle, jamais signalé à la Premiership ni aux parties concernées au moment des faits, jette un doute sérieux sur l’équité de la procédure et entache la crédibilité de l’enquête initiale.
Face à ces informations, les Saracens, triple champion d’Europe, adoptent pour l’instant une posture prudente. Interrogé par le Telegraph Sport, le club a déclaré qu’il « examinera sa position une fois que les personnes concernées par cette allégation auront eu l’occasion de répondre ».
De son côté, l’instance dirigeante du rugby anglais reste discrète et n’a pas souhaité commenter pour l’instant.
Ce dossier, censé appartenir au passé, pourrait raviver de vieilles tensions dans le rugby anglais. Les Saracens, qui ont retrouvé les sommets en décrochant un titre national en 2023, pourraient bien envisager une réplique si l’intégrité de la procédure venait à être mise en cause.







