Il y a quelques années, le jeu au pied de Santiago Arata constituait la faiblesse de ce demi de mêlée uruguayen au talent éclatant. Arrivé en 2020 avec ses crochets dévastateurs et une énergie inépuisable, Arata a dû rapidement se réinventer pour évoluer d’un « joueur spectaculaire » à un stratège incontournable du Top 14. Cette transformation résulte d’une discipline rigoureuse et d’un travail acharné.
Jeudi 26 février, sous le soleil du centre du Levézou, alors que la séance collective touche à sa fin, Arata et ses partenaires prolongent l’effort. Loin des projecteurs, c’est la répétition minutieuse qui forge cette progression. Comme le souligne Xavier Sadourny, manager du Castres Olympique, via La Dépêche : « Ils accordent énormément de temps à travailler après chaque entraînement. Car ils savent qu’à un mètre près, le ballon sera contestable ou non. »
Alors que certains coéquipiers, comme Jérémy Fernandez, possédaient un don naturel pour cet aspect du jeu, Arata a dû, lui, dompter ce secteur pour ne plus laisser rien au hasard et éviter ainsi de se voir évincer du XV de départ.
Pour dépasser ce cap, Arata s’est entouré de mentors précieux. Loin de son tempérament fougueux, il a fait preuve d’humilité en sollicitant Romain Teulet, consultant spécialisé dans le jeu au pied, et Rory Kockott, ancien demi de mêlée reconnu pour sa maîtrise dans ce domaine. « La concurrence a fait beaucoup c’est sûr. Mais il y a aussi Romain Teulet (consultant jeu au pied) qui m’a guidé. Cet aspect du jeu était assez nouveau pour moi. Quand tu arrives en Top 14, tu dois l’apprendre. Et j’ai aussi eu la chance de grandir aux côtés de Rory Kockott, plutôt à l’aise dans ce secteur », confie le joueur.
La progression d’Arata a été patiente et exigeante. D’un joueur irrégulier capable de coups de génie mais aussi d’erreurs, il est devenu une valeur sûre, capable de dicter le tempo du match. Cette évolution ne repose pas seulement sur la technique, mais surtout sur une meilleure intelligence tactique. « Plus que dans la façon de frapper la balle où, à mon sens, cela dépend de chacun, c’est dans la stratégie que j’ai ressenti l’apport de Romain et Rory. Ils ont été de bons conseils. Comme aujourd’hui, entre demis, on échange beaucoup. J’ai également pas mal discuté avec d’autres joueurs à mon poste. C’est important de s’ouvrir sur ça », explique-t-il.
Pour le staff du Castres Olympique, cette exigence témoigne d’un joueur aspirant à l’excellence. Une quête qui s’étend jusque dans sa vie privée, où ses séances tardives suscitent parfois quelques taquineries familiales. Xavier Sadourny résume l’état d’esprit du numéro 9 : « Santi sait que si demain, il veut encore passer un cap, il doit porter attention à son jeu au pied. Il fait partie des meilleurs en France à son poste, mais s’il veut se rapprocher du meilleur, c’est une donnée importante. Et comme c’est un compétiteur, il bosse volontiers. »
Aujourd’hui lié au club jusqu’en 2029, Santiago Arata a prouvé qu’il était bien plus qu’un simple dynamiteur : il est devenu le chef d’orchestre que le Castres Olympique attendait.







