Le capitaine du XV de France, Antoine Dupont, s’est confié avant le choc tant attendu contre l’Angleterre, prévu samedi soir au Stade de France.
Le demi de mêlée appelle à une vigilance maximale face aux Anglais. « Il faut toujours se méfier de l’Angleterre. On sait la difficulté de ce Tournoi, on sait que d’une semaine à l’autre le visage des équipes peut être complètement différent. C’est une équipe qui est très expérimentée, avec de très grosses individualités qui savent répondre présents dans les grands rendez-vous. » Même si la victoire finale ne joue plus pour eux, « le match a quand même beaucoup d’enjeux pour eux. Et je suis sûr qu’ils seront au rendez-vous. Donc on ne peut que se méfier de cette équipe-là. Après, le contexte des 120 ans, ça rajoute une saveur un peu particulière. »
Pour Dupont, une victoire du Tournoi effacerait bien des doutes autour des Bleus. « Je pense que si on remporte le Tournoi demain, on oubliera beaucoup de choses de ce qui s’est passé avant, que ce soit le bon début ou le match raté à Édimbourg. Une fois qu’on a gagné, on retient que le nom du vainqueur et du trophée. Peut-être que quand on se retournera dans dix ans, on regrettera. » Il nuance toutefois : « Un Grand Chelem, c’est toujours mieux qu’un Tournoi, mais un Tournoi, ça reste un titre. C’est déjà tellement dur à gagner que ça sera déjà incroyable de pouvoir le remporter. »
Le capitaine a également salué la première sélection de Temo Matiu, dont le parcours atypique constitue, selon lui, une véritable source d’inspiration. « Il a un parcours atypique qui, je pense, peut inspirer beaucoup de monde, comme quoi on peut commencer le rugby ou un sport ou un domaine très tard et y exceller très vite. Je pense que c’est quelqu’un qui a des qualités physiques exceptionnelles et qui a su s’adapter à ce sport hyper rapidement. » Il se réjouit de son intégration rapide : « Il n’y a qu’à regarder le début de saison qu’il fait avec Bordeaux pour justifier sa place aujourd’hui dans le groupe. Peut-être qu’il aurait pu l’avoir avant si on n’avait pas autant de qualités à son poste. Je suis très heureux pour lui et je suis sûr qu’il fera un grand match demain. »
Le Crunch se jouera avant tout sur la maîtrise des fondamentaux, insiste Dupont. « On s’est beaucoup concentré sur nous pour jouer à notre meilleur niveau. Et pour jouer à notre meilleur niveau, il faut qu’on ait des basiques et des standards très élevés, qui sont aujourd’hui la conquête, la discipline et les ballons hauts qu’on n’a pas su avoir le week-end dernier. Donc déjà, quand on parle de performance, on est obligé de parler des bases. » Il prévient aussi que l’adversaire anglais sera exigeant : « Un adversaire qui, comme je l’ai dit aussi, est de très haut niveau avec des grands joueurs qui ont su gagner par le passé. Des titres en club, en sélection, des joueurs très expérimentés. Et qui, on l’a vu, même s’ils ont manqué de consistance sur le Tournoi, sont capables d’être très dangereux et surtout très denses physiquement. Donc il faudra qu’on soit capable de répondre à ça. »
À propos de la nouvelle tenue des Bleus pour cette rencontre, Dupont met en garde contre le piège de la symbolique : « Je pense qu’on en a tous des souvenirs de France-Angleterre. Que ce soit dans les tournois ou dans d’autres contextes, dans des Coupes du Monde. Pour les fans de rugby, c’est toujours le match que tout le monde attend dans le Tournoi. Donc là, ça rajoute un bout d’histoire. Chaque génération aura ses souvenirs propres à elle-même. Mais comme je le disais, la tenue, ça restera anecdotique. Ce qu’il faudra, ce sont des actes plus qu’une tenue d’eux-mêmes. »
Enfin, Antoine Dupont a partagé son enthousiasme après avoir assisté aux répétitions de Roméo et Juliette à l’Opéra Garnier. « C’est toujours inspirant de découvrir de nouveaux milieux, qui plus est dans un antre comme l’Opéra Garnier, qui est un monument absolument exceptionnel, et qui je pense pour la plupart on ne l’avait jamais vu. Donc ça a fait du bien aussi de changer d’air, de sortir de Marcoussis, de voir d’autres choses, se mêler à un autre milieu, mais qui est aussi haut niveau dans un autre contexte que le nôtre. » Il admire « la précision des gestes, l’abnégation et surtout la passion qu’ils ont pour ce qu’ils font », saluant ces artistes de haut niveau qui s’entraînent quotidiennement « et passent plus d’heures que nous sur le terrain, sur les parquets. »
Ce samedi, le XV de France devra se montrer à la hauteur de ces ambitions pour venir à bout d’une Angleterre déterminée à marquer les 120 ans de ce classique du rugby.







