La pression s’intensifie autour du XV de la Rose. Après trois défaites consécutives dans le Tournoi des Six Nations, l’Angleterre traverse une crise profonde, challengerée de toutes parts.
Pour redresser la barre, le sélectionneur Steve Borthwick a choisi la stabilité, ne procédant qu’à un seul changement dans son XV de départ. Ollie Chessum, reconnu pour sa puissance en touche, intègre ainsi la troisième ligne, bien qu’il puisse aussi évoluer en deuxième ligne.
Malgré ce choix, la situation reste critique pour Borthwick. Après une défaite initiale face à l’Italie (23-18), puis une deuxième contre l’Irlande (21-14), le sélectionneur se retrouve sous pression, certains évoquant déjà son possible limogeage, malgré le soutien public de George Sweeney, président de la fédération anglaise.
Face à l’échec du changement massif opéré lors du match contre l’Irlande, avec neuf remaniements dans l’effectif, Borthwick se retrouve en difficulté et a décidé de titulariser Fin Smith à l’ouverture, reléguant George Ford, jusque-là son joueur de confiance, sur le banc.
### Jason Robinson charge l’Angleterre
La crise du rugby anglais suscite des réactions vives. Dans le *Daily Mail*, Jason Robinson, ancien international et champion du monde 2003, n’a pas épargné le XV de la Rose. Il dresse un constat sévère sur le manque de créativité et d’efficacité offensive de l’équipe :
« Notre plan de jeu fut désastreux. Si vous regardez les meilleures équipes du monde, elles présentent un jeu complet. Si j’étais dans cette équipe, je serais furieux et je jouerais mon propre jeu. Si notre jeu ne marche pas, nous ne savons plus quoi faire. L’Angleterre se trouve devant une boîte à outils où elle n’a qu’un marteau et une clé simple. La France, elle, possède une boîte complète avec des scies, des tournevis et une clé à molette. »
Ces critiques reflètent bien les difficultés actuelles du rugby anglais, confirmées par les chiffres. L’Angleterre pénètre en moyenne 13,5 fois dans les 22 mètres adverses, mais ne marque que deux points par entrée — un rendement médiocre, surpassé seulement par l’Italie.
Sur le plan technique, les Anglais affichent l’un des pires bilans offensifs du Tournoi avec quatorze en-avants, révélant des difficultés flagrantes à construire des actions fluides.
Pour certains experts, le jeu anglais se résume trop souvent à une seule stratégie : transmettre le ballon à Freddie Freeman et espérer une action individuelle décisive.
Jason Robinson estime que la responsabilité ne repose pas que sur les joueurs, mais aussi sur un système limité, incapable d’adapter le plan de jeu lorsque celui-ci ne fonctionne plus.
Dernier symbole de cette fébrilité, le carton jaune infligé à Maro Itoje, conséquence d’une faute jugée d’une grande maladresse par de nombreux observateurs — une erreur lourde de conséquences, illustrant un XV de la Rose en plein doute.







