Matthieu Jalibert, ouvreur international français, s’est livré après la victoire du XV de France contre l’Angleterre samedi soir, au terme d’un Tournoi des Six Nations remporté avec brio.
« C’est évidemment beaucoup de bonheur, beaucoup de fierté. L’année dernière, je n’avais joué qu’un match, donc même si on compte parmi les gagnants, on est moins présents dans le truc… (il soupire) C’est beaucoup de fierté, de bonheur de pouvoir représenter le pays et de gagner un trophée, donc je suis très content », confie Jalibert à Midi Olympique.
Jalibert souligne ensuite ses performances individuelles, longtemps attendues avec les Bleus. « Je ne sais pas, je vous laisserai tirer les conclusions. Comme je l’ai dit, avant d’arriver au Tournoi, je voulais être moi-même, me faire plaisir dans le collectif, sortir la tête haute et je pense qu’on a vu le vrai Matthieu sur le terrain. Pour ça, je suis très content. Bien sûr, il y a toujours des choses qui n’ont pas forcément marché, mais ça fait partie de mon jeu aussi, ça fait partie du rugby. Le principal, c’est qu’on a été capables d’aller chercher ce trophée, c’est donc très positif. »
Concernant le déroulement du match décisif, il détaille : « En première mi-temps, on avait l’impression qu’à chaque fois qu’on tenait le ballon, on allait marquer et inversement, c’était pareil. Je pense que l’essai avant la mi-temps nous fait du bien, on a un gros momentum au début de la deuxième mi-temps et je pense que si je ne me fais pas intercepter et qu’on marque, le match est plié. Il y a eu plusieurs périodes dans le match, mais on a gardé le cap, on a été soudés et cette dernière action résume aussi le caractère de cette équipe. C’est cool. »
Un moment marquant reste son échange avec Thomas Ramos lors de la pénalité décisive : « En fait, je donne le ballon à Thomas et je le vois qui rigole. Je me suis dit qu’il est complètement fou, ce mec… Ça résume Thomas, il est plein de confiance et plein d’expérience dans les grands moments. Quand j’ai vu sa réaction, je savais qu’il allait la mettre. C’est un joueur exceptionnel qui a encore montré tout son talent et son cran dans des moments décisifs. »
Jalibert n’oublie pas de saluer ses coéquipiers, notamment Louis Bielle-Biarrey, ailier de l’UBB : « Loulou, on le connaît, sa vitesse fait de grandes différences, son sens du placement aussi. On sait que sur des matchs compliqués, il est capable de nous débloquer des situations. Ça a été un poison pour les Anglais et sa vitesse est vraiment phénoménale. Effectivement, si tu lui déposes le ballon dans l’espace, généralement, c’est le casque rouge qui va marquer. »
Sur son essai finalement refusé, il reste dubitatif : « Non, vraiment, je pensais avoir marqué, je ne suis pas sûr qu’il avait aplati. »
Il revient aussi sur la fin de match à suspense, quand l’Angleterre est repassée devant au score : « Qu’il faut continuer à aller chercher le match. On essaie de taper un coup d’envoi « à la récup », l’idée ensuite était de tenir le ballon et d’essayer de les mettre à la faute, ce qui est arrivé. J’ai senti l’équipe garder la confiance, et ça, c’est positif. Même quand on a perdu le ballon, on a continué à se battre pour récupérer ce ballon et essayer d’enchaîner les temps de jeu. »
Au-delà de la victoire, Jalibert tire des enseignements : « Je pense que les trois premiers matchs ont montré énormément de cohérence dans ces secteurs-là. Sur les deux derniers, on a été en difficulté, notamment sur notre défense, où on a trop rarement réussi à arrêter le momentum. On prend des vagues, des vagues, des vagues, et au bout d’un moment, ils finissent dans l’en-but. Ça reste un point qu’on va devoir gommer pour les prochaines échéances, parce que prendre autant de points, c’est compliqué, même si on a eu une attaque redoutable. »
Il assume également son erreur à l’origine d’un essai anglais : « Je pense que là où j’ai grandi, c’est aussi dans les moments comme ça. Je sais que ça fait partie de mon jeu et qu’il peut y avoir des erreurs. Franchement, il a bien lu le coup parce que je ne l’ai pas vu arriver, mais ça fait partie du jeu. Tous les mecs sont venus et ont été positifs pour repartir. C’est un fait de jeu, c’est comme ça. »
Pour conclure, l’ouvreur souligne ce que cette nouvelle victoire représente : « La victoire dans le Tournoi. Le Graal, c’était d’aller chercher un deuxième trophée en deux ans. Les prestations individuelles, c’est important, mais je suis surtout très content d’avoir fait de bonnes performances collectivement pour gagner ce trophée. Il y a eu plein de bons moments, mais si je peux en retenir un, c’est forcément le moment où on l’a levé. »







