Le demi de mêlée de l’Union Bordeaux-Bègles, Maxime Lucu, s’est confié en détail à L’Équipe à l’approche de la demi-finale de Champions Cup face à Bath. Une rencontre cruciale, alors que l’UBB doit se remettre d’une lourde défaite à domicile contre Montpellier, le week-end dernier.
« On a été forcément touchés après cette claque et c’est normal. Le contraire m’aurait un peu inquiété après avoir perdu de cette façon à cause d’un manque d’agressivité et d’envie », a-t-il expliqué. Après cette défaite, le groupe a traversé « deux phases ». La première, une période de « règlements de comptes pour cracher un peu le venin », nécessaire pour prendre conscience de l’ampleur du revers. Puis, rapidement, « on devait faire passer la pilule très rapidement et basculer sur une autre compétition. »
Face à cette situation délicate, Maxime Lucu a pris le leadership au sein de l’équipe. « Il a fallu prendre le lead et ses responsabilités. Le but n’est pas de se morfondre ni d’incriminer qui que ce soit. Ça ne sert à rien de gamberger. » Il a ainsi encouragé ses coéquipiers à assumer leurs erreurs tout en restant tournés vers l’action : « Il fallait remettre de l’enthousiasme et de la confiance. Ça, c’est le rôle du capitaine et des leaders de jeu. On n’est pas devenus de mauvais joueurs en deux semaines. »
Pour Lucu, c’est dans l’adversité que les vraies personnalités se révèlent : « C’est encore plus important et excitant de le faire quand on est au pied du mur. Ça révèle des personnalités. » Connaissant parfaitement l’état d’esprit du groupe, il estime que cette semaine « doit l’être aussi, comme avant le quart face à Toulouse (30-15). »
Malgré une saison semée d’embûches, avec un nouveau statut à gérer, des blessures longues et des moments difficiles, le demi de mêlée ne veut pas gâcher les efforts du groupe : « Moi, je n’ai pas envie de tout gâcher sous prétexte qu’on est passés à côté contre Montpellier. On a aussi parfois le don de se foutre dans des situations que l’on pourrait contrôler, mais dans la difficulté, je trouve qu’on se trouve bien. La pression, la tension et l’excitation sont au maximum pour défendre notre titre avant cette demi-finale. »
Maxime Lucu confie également apprécier ces moments compliqués, lorsqu’il faut baisser la tête pour mieux revenir : « Ça m’a toujours plu de revenir quand la tête est baissée et de savoir comment on va se relever, même si j’aimerais, bien sûr, et encore plus mes proches, que tout soit plus facile. (Sourire) Ma carrière n’a jamais été linéaire, que ce soit individuellement et collectivement, mais je me suis toujours révélé. C’est tellement challengeant de voir le caractère que tu peux en dégager. »
Le joueur évoque aussi sa progression face aux défaites : « Quand j’étais plus jeune, j’avais du mal à évacuer les défaites. Puis, plus j’ai grandi, plus j’ai compris qu’un parcours est fait de hauts et de bas. Je prends du plaisir à trouver des solutions pour essayer de basculer dans le positif et de revivre des épopées, comme on l’a fait après la finale de 2024 (déroute 59-3 contre Toulouse en Top 14). »
Un souvenir marqué par une résilience collective exceptionnelle : « Tout le monde aurait pu s’écrouler, mais on est revenus avec l’envie de ne pas être ridicules, de ne pas écouter ce qui se disait, de montrer qu’on était capable de retourner en finale. Et on a réussi à remporter un titre derrière. C’est l’histoire de ce groupe à Bordeaux et de mon cas personnel. »







