Le XV de France a réalisé un exploit en remportant un second Tournoi des Six Nations consécutif, un doublé inédit depuis la saison 2006-2007. Pourtant, malgré cette performance historique, le dernier succès arraché 48-46 face à l’Angleterre laisse un goût amer, notamment en raison des fragilités défensives criantes révélées lors des deux dernières rencontres.
### Une attaque flamboyante, une défense inquiétante
Les Bleus ont confirmé leur puissance offensive avec 30 essais inscrits sur l’ensemble du Tournoi. Mais cette réussite cache des failles majeures en défense. Louis Bielle-Biarrey, héros de la rencontre décisive, reste lucide : « Là, ça nous a réussi, mais si on perd le match, c’est pareil ». Un aveu qui résonne face à une statistique alarmante : 96 points encaissés en seulement deux matchs, soit 130 points et 19 essais au total – le bilan le plus perméable depuis l’arrivée de Fabien Galthié à la tête de l’équipe.
### Une remise en question impérative
Face à cette porosité défensive, les cadres et le staff appellent à une réflexion urgente. Thomas Ramos, auteur de la pénalité décisive dans le temps additionnel, tire la sonnette d’alarme : « Dans un avenir proche, il va falloir se poser les bonnes questions, savoir pourquoi on a pris presque 100 points en deux matchs. Il faut voir sur quoi on a failli dans ce secteur alors qu’on avait affiché un super état d’esprit et de super bonnes stats sur les trois premiers matchs. Si on veut continuer à gagner des matchs et à s’inscrire dans le rugby international, c’est une question à se poser. »
Le sélectionneur Fabien Galthié reconnaît quant à lui brièvement ce besoin d’amélioration : « Ça fait partie des points à améliorer ».
### Les priorités du staff avant le Championnat des nations
Plusieurs causes expliquent ces difficultés inquiétantes. D’abord, l’indiscipline pénalise lourdement l’équipe. Louis Bielle-Biarrey dénonce : « À chaque fois qu’ils avaient la balle dans notre camp, c’était pénalité, faute, essai. Ou pénalité, touche, essai ».
Le déficit physique est également criant, avec une domination flagrante du pack anglais sur les ballons portés et une absence manifeste d’un troisième ligne centre de référence.
À cela s’ajoute une mêlée en pleine transition, notamment suite au retrait d’Uini Atonio, qui souligne une pénurie de profils spécialisés au poste de pilier droit. Enfin, la faible capacité de contestation défensive est préoccupante, les Bleus n’ayant réussi à gratter que huit ballons sur tout le Tournoi, la pire statistique du plateau.
Le staff doit rapidement trouver des solutions alors que le prochain défi s’annonce de taille : un déplacement périlleux en Nouvelle-Zélande le 4 juillet, pour le lancement du Championnat des nations. Cette épreuve interviendra dans un contexte de remaniement probable de l’effectif, lié aux phases finales du Top 14. La France devra alors impérativement corriger ses lacunes pour confirmer son statut sur la scène internationale.







