Samedi au Stade de France, Louis Bielle-Biarrey a inscrit son nom dans les annales du rugby tricolore. À seulement 22 ans, l’ailier bordelais a marqué un impressionnant quadruplé contre l’Angleterre, propulsant ses statistiques vers des sommets que seul le rugby d’avant-guerre avait approchés.
### Une série statistique époustouflante
Depuis deux ans, « LBB » est devenu un véritable cauchemar pour les défenses du Tournoi des Six Nations. Avec 17 essais en 10 matchs sur les éditions 2025 et 2026, son régularité et son efficacité sont inédites dans l’histoire récente.
Pour Vincent Clerc, témoin privilégié de ce phénomène, le constat est sans appel :
« Je n’avais jamais vu cet exploit de ma vie dans un stade », confie-t-il dans les colonnes du *Parisien*.
Cet hiver, avec 9 essais marqués, Bielle-Biarrey détient désormais seul le record d’essais inscrits lors d’une seule édition du Tournoi.
### Vers des records planétaires
Affichant un ratio impressionnant de 1,07 essai par match (29 essais en 27 sélections), le jeune ailier semble défier toutes les limites. Il approche à grands pas le record de Damian Penaud (40 essais) et se rapproche dangereusement du mythique total de Brian O’Driscoll (26 essais dans le Tournoi).
Cédric Heymans, ancien ailier des Bleus, salue ce talent naturel :
« Vous vous rendez compte de sa moyenne, c’est monstrueux. Vu son âge et ce qu’il sait faire, j’ai envie de lui dire : Vas-y, écrase tout, fonce et mets des stats que personne n’ira jamais chercher après toi. »
### L’atout d’un collectif parfaitement rôdé
Si le talent individuel de Bielle-Biarrey est indéniable, son efficacité repose aussi sur une stratégie collective bien huilée. Ses partenaires – Ramos, Jalibert, Dupont – savent exactement comment exploiter son accélération fulgurante.
Cédric Heymans explique cette complicité :
« C’est souvent bien amené, on voit qu’il y a de la réflexion sur la manière de l’utiliser. Si vous regardez bien les deux premiers essais, il y a toujours ces deux ou trois passes pour faire monter l’arrière adverse. Et après s’il est bien lancé, c’est indéfendable. »
### Un prodige à la fois humble et insouciant
Malgré son statut d’« arme fatale » selon Fabien Galthié, Louis Bielle-Biarrey reste d’une simplicité exemplaire. Loin des feux des projecteurs, il préfère les plaisirs simples : parties d’échecs, moments en famille, ou coinche avec ses coéquipiers de l’UBB.
Pour Vincent Clerc, ce contraste nourrit sa fraîcheur :
« Il est plein de simplicité. Il est là depuis plusieurs années (2023), mais on sent qu’il reste encore émerveillé parce qu’il est jeune. Il a ce côté rêveur et insouciant, c’est hyper frais. »
Son coéquipier Théo Attissogbe conclut :
*« Ce qu’il fait, c’est stratosphérique. Pour moi, c’est peut-être le meilleur ailier du monde. »*







