Alors que le Rugby Club Toulonnais incarne depuis des années une place forte du rugby mondial, le club traverse aujourd’hui une crise économique majeure. Bernard Lemaitre, président du RCT, tire la sonnette d’alarme : “avec un déficit structurel de plus de 8 millions d’euros pour la saison 2025-2026, l’avenir du club dans l’élite est directement menacé.”
Malgré un budget de 39 millions d’euros, le chiffre d’affaires plafonne à 28 millions, creusant un important déficit que le mécénat ne peut plus combler durablement. Le principal responsable désigné est le stade Mayol, lieu mythique mais devenu un frein financier.
Une comparaison avec les clubs leaders du Top 14 accentue ce constat. Les revenus de l’hospitalité – regroupant loges, salons VIP et prestations de bouche – s’élèvent à seulement 5,1 millions d’euros à Toulon, contre 13,1 millions pour La Rochelle. Le stade Mayol, construit en 1920 et situé entre la ville et la rade, ne propose que 1 333 places VIP, loin derrière les 3 693 de La Rochelle et même moins que Provence Rugby, club de deuxième division.
Les difficultés se ressentent également le jour de match. L’accès aux buvettes à Mayol est souvent laborieux pour les 15 000 spectateurs en moyenne. Résultat : le chiffre d’affaires au comptoir ne s’élève qu’à 635 000 euros par an, contre 1,7 million pour Lyon ou La Rochelle. Cette différence explique pourquoi une seule délocalisation au Stade Vélodrome de Marseille génère une marge de 1,2 million d’euros, soit dix fois plus qu’un match joué à Mayol qui ne rapporte que 125 000 euros de bénéfice net.
Face à ce contexte, le club a commandé une étude au cabinet Populous, spécialiste mondial des enceintes sportives. Le verdict est sans appel : rénover Mayol coûterait environ 400 millions d’euros, un montant jugé “exorbitant” car nécessitant la démolition de bâtiments voisins et une restructuration complète du quartier. Martin d’Angelieu, directeur général adjoint du club, qualifie ainsi la rénovation d’”utopie” financière.
La seule alternative viable serait la construction d’un nouveau stade de 18 000 places, estimé à 200 millions d’euros. Ce nouvel équipement offrirait 3 500 places VIP et permettrait de générer plus de 13 millions d’euros de revenus annuels supplémentaires. Ce surplus financier pourrait non seulement combler le déficit chronique du club, mais aussi multiplier par cinq son impact économique sur le Var.
À 87 ans, Bernard Lemaitre fait de ce projet immobilier “le combat final de sa présidence”, convaincu qu’”sans ce virage immobilier, le triple champion d’Europe finira par décrocher définitivement de la course aux titres.”







