Le verdict est tombé à 2h15 du matin, plongeant la défense dans un profond choc. Lors du procès en appel, Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice ont été reconnus coupables de viol en réunion pour des faits remontant à 2017. La cour a prononcé une lourde peine : quatorze ans de réclusion criminelle pour l’Irlandais et le Français, douze pour le Néo-Zélandais.
« Une décision fondamentalement excessive et injuste »
Quelques minutes après la lecture du verdict, Corinne Dreyfus-Schmidt, l’avocate de Denis Coulson depuis neuf ans, s’est exprimée avec émotion, traduisant l’incompréhension totale de la défense face à la sévérité du jugement. « Je suis abasourdie, tout simplement. Ce fut la répétition de sanctions excessives et disproportionnées. La justification qu’on nous donne, c’est que leur position de défense ne convient pas à la cour. Ils ont fait un pas, ils ont reconnu un certain nombre de choses. Mais ce ne fut pas suffisant », a-t-elle dénoncé avec amertume.
Des familles déchirées au tribunal
L’avocate a également partagé les scènes poignantes qui se sont déroulées dans la salle d’audience, au moment de la séparation des condamnés d’avec leurs proches. « Ils sont tous abattus, et ce fut un déchirement de les voir avec leur famille et des enfants qui ne verront plus leur père avant longtemps », a-t-elle confié.
Pour elle, cette affaire restera gravée comme une « anomalie judiciaire ». « J’ai vécu beaucoup d’affaires criminelles, mais c’est un dossier qui me marquera, car il est fondamentalement excessif et injuste. On ne peut accepter une décision aussi disproportionnée », a-t-elle affirmé.
Un recours en cassation annoncé
La défense ne compte pas en rester là. Estimant que la cour a sanctionné une stratégie de défense plutôt que les faits eux-mêmes, les avocats des trois hommes annoncent leur intention de se pourvoir en cassation. Ils souhaitent soulever des points de droit qu’ils jugent problématiques, pour contester ce qu’ils considèrent comme une répétition d’une erreur judiciaire.
Rappel des faits
Les trois anciens joueurs du FC Grenoble étaient jugés pour le viol en réunion d’une jeune femme de 20 ans, dans une chambre d’hôtel à Mérignac, en mars 2017, après un match de rugby. Si les accusés ont toujours clamé leur innocence ou plaidé une absence de conscience de l’état de la victime, les jurés de la Charente ont suivi les réquisitions de l’avocat général, confirmant les peines prononcées en première instance en 2024.







