Ce dimanche soir, le derby francilien entre le Racing 92 et le Stade Français Paris s’annonce intense. À l’approche de cette confrontation, le troisième ligne parisien Yoan Tanga s’est confié à RMC Sport, révélant l’importance particulière de ce match pour les joueurs formés à Paris.
« Pour les Parisiens issus du club, je pense que oui : Paul Gabrillagues, Ryan Chapuis, Lester Etien, Julien Delbouis. C’est un match qui leur tient vraiment à cœur. Moi, je suis dans une situation un peu compliquée car j’ai joué pour les deux clubs. Mais je prends la mesure de l’importance de ce match pour le club, pour ceux qui sont formés ici, pour les supporters et tout le reste. »
Yoan Tanga porte en effet une double casquette rare puisqu’il a évolué sous les couleurs des deux équipes. « Le Racing, c’est le club qui m’a fait éclore. J’y suis resté trois saisons, j’ai joué avec des très grands joueurs. Que ce soit sportivement ou même en tant qu’homme, j’en garde de très bons souvenirs, j’ai encore des amis là-bas. Maintenant, l’effectif du Racing a changé, j’ai changé et ma tête est à 100 % ici. »
Le match aller, conclu sur un score de parité (20-20), avait été d’une intensité remarquable. « Oui, c’est vrai que c’était un très gros match à domicile, on aurait pu le perdre parce qu’on revient à la fin. C’est aussi un match qui nous a permis de travailler, de corriger ce qu’il y avait à corriger. Et dimanche, on sera prêts pour les affronter chez eux. L’enjeu du match, c’est surtout de se concentrer sur nos performances. Et après, le reste suivra. »
Pour Tanga, pas question de faire des calculs tactiques comme d’autres, à l’image de Louis Carbonel. « Certains sont plus calculateurs que d’autres, ils ont tous les scénarios en tête, comme Louis Carbonel. Moi, personnellement, je ne regarde pas trop. » Son unique objectif : la victoire.
Le Stade Français connaît cette saison un renouveau après une période difficile, un changement que le joueur explique simplement. « Je pense que ce qui a changé, c’est déjà qu’on est davantage prêts physiquement, on a fait une très grosse préparation d’été. Et aussi, au niveau du staff, on sait qui fait quoi alors que l’année dernière, c’était un peu le trouble, la cacophonie. Et le point qu’on ne souligne pas assez, c’est qu’on a eu très peu de blessés. »
L’arrivée de Rory Kockott dans le staff est également saluée par le joueur. « Déjà, il a amené son côté relou. Et je pense que c’est quelque chose qui nous manquait, d’avoir de la rigueur à l’entraînement. La saison dernière, Paul Gustard devait jongler entre le fait d’être manager et coach de la défense. Donc c’était un peu compliqué pour lui et Rory amène vraiment cette énergie tous les jours. Est-ce qu’il est insupportable ? Oui, il est relou. Mais bon, c’est pour notre bien ! »
Concernant les performances individuelles, Yoan Tanga souligne un joueur en particulier : « Oui, il y en a un auquel je pense tout de suite. C’est Tanginoa Halaifonua. Il est impressionnant, c’est monstrueux. Il ne parle pas, je crois que je n’ai jamais entendu sa voix (rires). Mais sur le terrain, il envoie. »
À long terme, le troisième ligne espère enfin goûter à la réussite en phase finale avec Paris. « Quand j’arrive au Stade Français, je vois qu’ils ont fait demi-finale. Il y a un projet qui est en train de se mettre en route, j’y crois et je veux en faire partie. Malheureusement, avec tous les événements qu’il y a eu, que ce soit sportivement ou en dehors du terrain, c’était un peu compliqué. Je n’étais pas content de ce que j’avais montré la saison dernière et je suis parti dans l’optique de montrer réellement qui j’étais. En fin de saison dernière, Paul Gustard m’a dit : ‘Là, tu n’es pas au niveau, tu ne vas plus trop jouer. Mais par contre, la saison prochaine, j’attends beaucoup de toi.’ »
L’une de ses frustrations reste de ne pas avoir encore disputé de finale. « C’est un truc qui me saoule même. Parce que la première finale avec le Racing, j’étais jeune, c’était ma première saison là-bas, le coach avait préféré mettre Anthony Claassen à l’époque. À La Rochelle, je reviens à peine de blessure, j’étais vraiment juste pour jouer la finale, qu’on gagne. Et sur le Top 14, ils ont préféré mettre les mêmes 23. Je veux jouer une finale, c’est pour ça que je travaille tous les jours. »
Enfin, Yoan Tanga a évoqué des difficultés personnelles récentes. « C’était un peu compliqué à gérer. Je venais de me marier, je venais de déménager, d’être papa et mon fils était malade. Émotionnellement parlant, physiquement aussi, parce que je ne me reposais pas trop. Mais ça va mieux. C’est un peu compliqué. Il y a ma femme qui est présente, je suis croyant aussi, je me remets beaucoup à Dieu. Je ne suis pas quelqu’un qui aime trop parler de ma vie privée, donc je n’en avais pas trop parlé au début. Personne ne savait pourquoi j’étais comme ça, un peu aigri. Mon fils était hospitalisé et on ne savait pas quand il allait sortir, donc on vivait au jour le jour. Et une fois qu’il est sorti, j’ai pu en parler. »
Ce dimanche, Yoan Tanga et ses coéquipiers du Stade Français auront à cœur de l’emporter dans ce derby décisif et chargé d’émotions.







