Dans un derby francilien aux allures de match test, le Stade Français a cédé face au Racing 92, illustrant les choix audacieux du staff parisien. En alignant une équipe largement remaniée, Paul Gustard a misé sur la fraîcheur de ses joueurs en vue du sprint final, acceptant de sacrifier ce rendez-vous prestigieux.
Avant même le coup d’envoi, la composition parisienne avait suscité la controverse. En laissant au repos des cadres essentiels comme Louis Carbonel, meilleur réalisateur du championnat, ou Romain Briatte, le manager anglais a clairement affiché ses priorités : assurer la deuxième place qualificative pour les demi-finales directes à Marseille.
Paul Gustard s’était confié avant le match : « Nous voyons très clair sur ce qu’il nous reste à faire sur cette fin de saison. Nous avons un enchaînement avec deux matchs, une semaine de coupure, deux matchs, encore une semaine de coupure et encore deux matchs. Puis potentiellement les barrages, la demi-finale et la finale. Je dois donc m’assurer de bien gérer mes ressources sur ces deux matchs à venir pour garantir que nous ayons un effectif capable de rivaliser lors de ces rencontres. »
Malgré un groupe réduit de repères, le « Stade Français B » n’a pas démérité. Portés par un essai de Giorgi Melikidze, les Parisiens ont résisté pendant une première période équilibrée, regagnant les vestiaires avec seulement sept points de retard (20-13). Une performance encourageante, comme le confirmait le centre Noah Nene à la pause : « on est satisfait ».
Mais le manque de cohésion et les imprécisions techniques, inévitables pour un collectif en construction, ont fini par peser en seconde période. Sans être flamboyant, le Racing 92 a su faire preuve d’une plus grande efficacité, scellant ainsi le sort d’un derby joué en-deçà des attentes.
Pour le Stade Français, la défaite reste mesurée. Le vrai test arrive samedi prochain avec la réception de la Section Paloise, concurrent direct dans la lutte pour le haut de tableau. Dans l’intimité du vestiaire, un objectif unit les joueurs : selon Midi Olympique, les Parisiens se sont fixés un sans-faute sur les cinq dernières journées pour assurer une place favorable en phases finales.
Avec trois réceptions – Pau, Lyon, Bayonne – et deux déplacements – Montauban, La Rochelle – le calendrier est favorable. Reste à savoir si les points laissés face au voisin francilien ne pèseront pas lourd au moment de faire les comptes.







