L’Aviron Bayonnais sauve sa peau, mais à quel prix. Malgré une avance mathématique de 21 points sur la zone rouge, le club basque a essuyé une lourde défaite à Mayol ce samedi (52-26), une claque qui a anéanti les derniers espoirs d’une fin de saison ambitieuse.
Pour un demi-finaliste la saison précédente, se contenter du « minimum syndical » ne masque plus la désillusion qui règne au sein du club, où l’ensemble des acteurs considère la campagne 2026 comme un échec.
### Un maintien sans gloire et un bilan comptable alarmant
Dans les coulisses du stade Mayol, le silence régnait sans triomphe. Car, sans les déboires financiers de Montauban et le début chaotique de Perpignan, Bayonne aurait bien pu connaître un printemps encore plus sombre. Avec seulement dix points récoltés lors de la phase retour, le club affiche l’un des pires résultats du championnat.
Le manager Gerard Fraser, pragmatique, tempère : « Quand on regarde notre saison, on va facilement trouver des points d’amélioration. Ça peut être un avantage l’an prochain… »
Mais avant d’envisager 2027, il reste quatre matchs à disputer, dans lesquels il faudra éviter que la fin de saison ne sombre dans une débâcle totale.
### La fierté comme dernier moteur
Détachés de tout objectif sportif, les Bayonnais n’ont désormais plus que l’honneur à défendre.
Le deuxième ligne Ewan Johnson incarne cet appel à une prise de conscience collective : « On a encore tout à jouer, on a un peu de fierté quand même. Il faut qu’on se regarde tous (dans une glace) et qu’on montre un meilleur visage. Quelle image on veut renvoyer ? Ça va être individuel, on va voir ce qu’on a au fond des tripes. »
Un sentiment que partage le vétéran Manu Tuilagi, qui rappelle : « La saison n’est pas encore finie, on a encore quatre matchs sur lesquels on doit être concentrés. »
### Le syndrome du « momentum » perdu
Le match à Toulon a résumé les difficultés bayonnaises. Passés par des moments de résistance, les Ciel et Blanc ont en effet su revenir à 12-12, puis rester dans le sillage des locaux (33-26 à l’heure de jeu), portés par l’énergie de la jeune révélation Noa Traversier (20 ans). Mais les vingt dernières minutes ont vu l’effondrement complet : indiscipline, plaquages ratés (29 au total) et erreurs individuelles ont transformé un duel équilibré en humiliation.
« La saison dernière, quand c’était du 50-50, on gagnait à chaque fois », analyse Alexander Moon. « Cette saison, quand on perd le momentum, il y a un effet boule de neige, on perd un duel, puis un autre, et à la fin, sur le tableau d’affichage, on voit 50 points contre nous. »
### Éviter la roue libre : le défi de Fraser et Travers
Face à cette spirale négative, le manager Gerard Fraser et son adjoint Laurent Travers doivent déployer une psychologique fine pour remotiver un groupe décimé par les blessures et secoué par une gestion sportive tumultueuse ces derniers mois.
L’objectif est clair : renouer avec le public de Jean-Dauger lors des réceptions de Bordeaux et Perpignan, et tenter d’exister à l’extérieur face à Lyon et au Stade Français, afin d’éviter une fin de saison catastrophique à la douzième place.
Les retours espérés d’Emerick Setiano, Andy Bordelai et Maxime Machenaud pourraient apporter un souffle nouveau à une équipe qui semble, pour l’instant, en bout de course.







