À l’ASM Clermont Auvergne, Christophe Urios ne se contente pas de former des joueurs de rugby d’élite. Pour le manager clermontois, la réussite scolaire de ses jeunes talents est tout aussi primordiale. Léo Michaux en est l’exemple le plus éclatant.
À seulement 18 ans, ce deuxième ligne partage son temps entre les exigences du haut niveau et la préparation de son baccalauréat professionnel MELEC au lycée Godefroy-de-Bouillon à Clermont-Ferrand. Cette exigence d’un double projet est pour Urios une condition sine qua non : « Pour un jeune, la priorité sera toujours scolaire. C’est capital et essentiel qu’ils construisent leur avenir. Et ils le savent. »
Le manager ne laisse rien au hasard. Il suit au quotidien le comportement scolaire de ses joueurs et impose des règles strictes : « Je connais leur comportement et je sais comment ça se passe en cours. Si jamais il y en a un qui déconne, il sait qu’il ne sera pas dans le groupe, quoi qu’il se passe. Aujourd’hui, quand tu as 18 ou 19 ans, tu dois être capable de suivre un double cursus. Car cela veut dire que tu es équilibré. »
Léo Michaux a rapidement compris que la rigueur était de mise. Avant son premier match avec les professionnels face au Racing 92, une anecdote témoigne de cette discipline : « Le jeudi avant le match, à la fin de l’entraînement vers midi, Léo est venu me demander s’il devait aller en cours l’après-midi. Je lui ai répondu : “Non seulement tu as intérêt à aller à l’école, mais tu as intérêt à être bon” », se souvient Urios avec un sourire.
Le club adapte même l’emploi du temps du joueur en fonction de ses échéances scolaires. Après une victoire contre Toulouse, Michaux a bénéficié de plusieurs jours sans entraînement pour préparer son bac blanc.
Conscient de l’importance de ses études, Léo Michaux confie la pression qu’il ressent : « Cela fait trois ans que je bosse dur pour avoir ce bac. Si je n’y arrive pas, ce sera un gros échec. » Il souligne également le soutien constant du club : « Que ce soit Marion, Christophe ou Yoann, ils sont énormément présents pour m’aider et adapter au mieux mon emploi du temps. Ils font vraiment un boulot extraordinaire avec le lycée. Si je réussis, c’est grâce à eux. »
Son quotidien est un véritable marathon. Entre les séances matinales et les cours l’après-midi, les journées sont longues et épuisantes. « C’est vrai que je suis épuisé quand je termine les journées. Mais j’ai une bonne hygiène de vie. Je me couche vers 21 h 30 – 22 heures, donc j’arrive un peu à rattraper la fatigue. Mais c’est sûr que, des fois, cela fait un peu long », confie le jeune Clermontois.
Pour Christophe Urios, l’équilibre mental de ses protégés est primordial : « Ce n’est pas facile, c’est certain. Il y a un million de trucs à penser et à apprendre quand tu évolues à ce niveau-là. Ce qui est important pour moi, c’est d’entretenir une relation solide avec lui. (…) Nous faisons un point sur ses études à chaque entretien. »
À l’ASM, la formation ne se limite pas au terrain. Elle prépare aussi l’avenir des jeunes joueurs, formant des hommes complets, conscients que le rugby n’est qu’une étape parmi d’autres.







